
On se souvient : La fenaison
C’était à l’occasion de la fenaison, j’avais 10 ans. J’étais en vacances chez mon oncle Jacques.
Et pour la première fois, je conduisais le tracteur, ce mythique petit-gris, dans un air qui sentait le foin coupé et l’huile chaude du moteur.
Pendant que mon oncle chargeait les bottes de foin, ma tante Raymonde les arrangeait sur le chariot.
Arrivé en bout du champ, lorsqu’il fallut arrêter le convoi, mes petites jambes ne purent débrayer, ni freiner. Je paniquais d’autant que se profilait une pente assez redoutable.
Heureusement mon oncle intervint et coupa le moteur, nous sauvant d’une catastrophe.
Nous étions quittes pour une belle peur et une réprimande.
La photo bien sur n’est pas d’époque, mais j’ai la chance de posséder à mon tour un petit-gris et je peux rentrer mon foin avec.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.