Après avoir vidé son sac L’écolier s’échappe De la sombre cour d’école Ses grands yeux pleins de rêves. Il préfère l’école buissonnière Et flâner dans les champs de l’espérance Il remplit son cartable de fleurs Fleurs de paresse Fleurs de tendresse Fleurs de douceur Fleurs d’amour Fleurs d’innocence Fleurs de poésie Il marche dans la vie en cueillant des étoiles Il s’évade vers l’infini et l’idéal.
Sous le kiosque à l’ombre de l’érable Je me sentis encore une fois vulnérable Sans vouloir jouer une dérisoire sérénade J’avais pris notre romance à la rigolade.
Votre sourire a la simplicité délicate du matin De même qu’un éclat en un cristallin bassin Et ce concert de pure fraîcheur Fit se pâmer mon cœur.
Pour l’éternité, en mémoire, je garde vivante Cet instant suspendu où votre grâce enivrante M’extirpa pour toujours de ma légèreté
Car ce sourire doux comme une caresse M’emplit d’une lumineuse ivresse, Fut ma plus belle capitulation , et ma félicité.
Un matin mélancolique et fétide Où la pluie, tissu de monotonie, Apaisée par la chanson du moulin, En bois maculé et fonte rouillée Chanson vive, âpre et ardente, Qui vient nourrir la cafetière Bleu-vert désuet Ce bleu fané un peu ébréché, Qui sent l’époque révolue . Puis les intimes vapeurs du café Dans les tasses nous font oublier La platitude de nos jours. Moment banal, rituel apaisant.
Au lieu de créer une distance, la barrière de bois est un soutien pour l’âne. Ses longues oreilles aux lobes veloutés lui offrent une bonne perception du monde qui l’entoure. Son attribut le plus facilement identifiable n’est pas sourd aux cris des besogneux nécessiteux, lui qui mange peu, mais travaille beaucoup. Réalités de la vie laborieuse Noblesse discrète, mais profonde
Alors que nous traversons la mi-avril, entre le 15 et le 19, le calendrier traditionnel japonais nous murmure un nom enchanteur : Niji hajimete arawaru. Sa traduction ? « Les premiers arcs-en-ciel apparaissent » C’est le nom que le calendrier traditionnel japonais donne à ces quelques jours de mi-avril, quand l’air s’humidifie, la lumière s’intensifie… et que la pluie et le soleil décident enfin de danser ensemble. Ce soir ou demain, après l’averse : levez les yeux.
Le jardin reste mon havre de paix
Lu et entendu ici et là
« On perd une dimension de sa vie lorsque l’on est contraint en permanence de chercher les moyens de la gagner. » Michaël Fœssel
Sur le sable amolli et ridé d’ondulations Surgit du calme immense Comme un serpent qui rôde Un dos sombre qui luit Avec un glissement majestueux. La bête bien lovée Jaillit tel un boa Pour nous entraîner Sous l’écume et le sel.
Au détour de la petite route qui mène de Béthelainville à la D18 se trouve un vieux chêne sénescent. Penché sur la route, tordu et quasiment défeuillé, il est creux. Dans cette niche naturelle, est placée une Vierge. Lieu de recueillement pour les paroissiens de la commune, cet endroit de vénération a pour origine un acte de reconnaissance d’une famille de bûcherons.
À la fin du XIXe siècle, ceux-ci, perdus la nuit en forêt, se seraient abrités sous ce chêne et auraient prié la Vierge. Celle-ci les aurait ainsi protégés de l’orage. Pour la remercier, ils ont placé au sein de la cavité de l’arbre, une statuette de la Sainte-Vierge. Chaque 15 août depuis 1947, la messe est célébrée à « Notre-Dame du Chêne ».
Pour que ce trisaïeul témoin traverse encore quelques siècles, la commune a dû intervenir : il est aujourd’hui haubané de câbles et ceinturé, discrets tuteurs qui le maintiennent debout sans trahir sa dignité. Lorsque j’y suis passé pour la deuxième fois, la sculpture n’était plus là. En effet celle-ci fut dérobée par 2 fois (1914 et 2010), la paroisse a dû la mettre en sécurité.