Transports exceptionnels par la compagnie Beau Geste
C’était en 2007, à l’occasion des accroche-cœurs à Angers Un duo d’amour entre un danseur et une machine (animal?) Tout en élégance et poésie sur un air de la Callas. Les mouvements amples de la machine sont spectaculaires. Mais le bras de la pelleteuse est-il seulement mécanique ? Ou un tentacule, ou le membre d’une divinité indienne ?
Les arbres sournois chuchotent Mais qui est-ce ? La vieille bête solitaire, Sourire de travers, Semble se gausser candidement, L’œil ironique et rond, De ces remarques innocentes. Il reste de bois Et ignore la question, Se noyant intensément Dans ses rêveries sans fin.
Né le 5 avril 1825 à Bussy-en-Othe, Ferdinand Japiot grandit dans une famille marquée par le service de l’État : son père, Jean Marie Japiot, était brigadier forestier puis sous-inspecteur des forêts à Verdun. Ferdinand suivra une voie similaire, devenant garde général des forêts puis ingénieur des eaux et forêts. En 1854, il épouse Ernestine Virginie Guy, avec qui il partagera sa vie et ses engagements jusqu’à sa mort en 1905.
Car Ferdinand Japiot n’est pas seulement un fonctionnaire consciencieux. Il s’implique profondément dans la vie verdunoise, notamment comme président de la Société de Secours aux blessés militaires – ancêtre de la Croix-Rouge locale. Mais c’est avant tout comme fondateur et président de la Société d’Horticulture de la Meuse qu’il laisse sa marque. Sous sa direction, la société se transforme en véritable coopérative d’achats pour ses membres et en centre actif de recherches horticoles. Il nourrit même le projet ambitieux de lui offrir un jardin expérimental. La mort le prendra en 1905, avant qu’il ait pu le voir naître.
C’est alors qu’Ernestine entre dans l’histoire. Décidée à honorer le vœu de son mari, elle finance largement la création de ce jardin. Le parc devient un terrain d’expérimentation vivant, où membres et passionnés cultivent de nombreuses plantes, installent un jardin-école et organisent chaque année une exposition ouverte au grand public pour faire découvrir leurs travaux et recherches.
À partir de 1909, le site est aménagé en promenade par l’architecte paysagiste nancéien Picoré. Peu après, l’architecte Chenevier y fait construire le Pavillon Japiot, élégante bâtisse dans le style Belle-Époque. Resté propriété privée pendant des décennies, le parc est finalement cédé à la Ville de Verdun le 11 juillet 1962.
Aujourd’hui, le parc municipal Japiot est un véritable poumon vert en plein cœur de la ville. Niché entre la Meuse et l’avenue du Luxembourg, il invite à la promenade, au jeu et aux animations estivales. Un buste en bronze à l’effigie de Ferdinand, réalisé par le sculpteur Athanase Fossé et coulé par les fondeurs Bingen & Costenoble, veille sur les lieux – discret hommage à celui qui, avec Ernestine, a offert ce coin de verdure aux Verdunois.
Un peu grimaçante, mais spirituelle et non sans intérêt, avec son museau de goret renfrogné, la camionnette est là, elle ne bouge pas, elle soupire. Elle reste là, le teint verdâtre, et le plafond moussu. Elle aimait tant engloutir des kilomètres sur les petites routes pour livrer le pain quotidien, Aujourd’hui, elle n’a plus de goût à rien. Elle patiente, elle végète, elle croupit. Elle redoute l’inconcevable, l’ abominable mais l’inéluctable dégradation, le pare-brise éclaté, le phare pendant, la porte déglinguée, les essuie-glaces tordus, les roues disparues. Et nous passerons tous les jours, matin et soir, sans la considérer, délaissant la longue agonie du vieux tacot.
Abandonné sur la pierre de la solitude Le cœur brûlant survit, à peine, Respire l’éclat de la vérité, Toujours ternie, De couleur sombre rouille. Le chercheur d’absolu, d’inconnu, d’infini Vient pleurer loin des chasseurs de bredouilles Quand tous les souvenirs viennent emporter Toute la douleur de la misère négligée Dans un monde qui l’enjambe sans voir
C’était à l’occasion de la fenaison, j’avais 10 ans. J’étais en vacances chez mon oncle Jacques. Et pour la première fois, je conduisais le tracteur, ce mythique petit-gris, dans un air qui sentait le foin coupé et l’huile chaude du moteur. Pendant que mon oncle chargeait les bottes de foin, ma tante Raymonde les arrangeait sur le chariot. Arrivé en bout du champ, lorsqu’il fallut arrêter le convoi, mes petites jambes ne purent débrayer, ni freiner. Je paniquais d’autant que se profilait une pente assez redoutable. Heureusement mon oncle intervint et coupa le moteur, nous sauvant d’une catastrophe. Nous étions quittes pour une belle peur et une réprimande.
La photo bien sur n’est pas d’époque, mais j’ai la chance de posséder à mon tour un petit-gris et je peux rentrer mon foin avec.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ». La photographie est du même ordre.
Après avoir vidé son sac L’écolier s’échappe De la sombre cour d’école Ses grands yeux pleins de rêves. Il préfère l’école buissonnière Et flâner dans les champs de l’espérance Il remplit son cartable de fleurs Fleurs de paresse Fleurs de tendresse Fleurs de douceur Fleurs d’amour Fleurs d’innocence Fleurs de poésie Il marche dans la vie en cueillant des étoiles Il s’évade vers l’infini et l’idéal.