
On se souvient : la rustique monture
Il se voulait cavalier superbe en sa rustique monture, le cœur gai, sur son destrier à la toison laineuse. J’ai passé de nombreux étés avec mon oncle et ses moutons.
Nous emmenions le troupeau pâturer sur les friches (on ne disait pas encore pelouse calcaire) au milieu des genévriers où les bêtes laissaient quelques lambeaux de laine.
Au son des grillons et des oiseaux, nous parcourions pendant une ou deux heures ces maigres terrains où émergeaient ici et là quelques orchidées et, pour notre gourmandise, parfois des « avrillots ».
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.