« Marguerite. Oui, répondit Robinson, c’est une marguerite. » Mais à peine avait-il prononcé ces mots que la marguerite battait des ailes et s’envolait. « Tu vois, dit-il aussitôt, nous nous sommes trompés. Ce n’était pas une marguerite, c’était un papillon. Un papillon blanc, rétorqua Vendredi, c’est une marguerite qui vole. » Vendredi ou la vie sauvage – Michel Tournier
Papillon exquis Déployant ses ailes rouges Au vent s’effacera
Il faut y ajouter, d’après la tradition, Marcelle, servante de Marthe et de Marie Madeleine, ainsi que Sara, servante des Saintes Maries Jacobée et Salomé, que la piété des pèlerins, surtout des Bohémiens, ne sépare pas de ses augustes maîtresses. Une pieuse légende ajoute que Sara avait été laissée sur la plage au moment de l’embarquement. Désolée de se séparer de ses maîtresses, elle les supplie de ne pas l’abandonner. Salomé lui jette son manteau, et l’humble servante s’en sert comme d’un radeau pour atteindre la barque et y prendre place parmi les exilés. Parmi les pèlerins se trouvaient aussi des tribus de nomades appelés bohémiens, tziganes, caraques, qui n’ont jamais cessé de venir aux Saintes Maries pour la fête du 25 Mai. Sans négliger, bien au contraire, les deux Saintes Maries, Jacobée et Salomé, ils rendent un culte spécial à Sainte Sara, qu’ils invoquent comme leur patronne. Sources : Les Saintes-Maries-de-la-Mer. L’Eglise et le Pèlerinage. Notice historique, par M. le chanoine A. Chapelle, curé-doyen des Saintes Maries. 1926.
V’là midi qui sonne ! Par les rues du village s’en vont les briandeurs, pour annoncer aux ménagères de chez nous qu’Il est l’heure de tremper la soupe Les crécelles, on dit briands en Meuse, agitées par les menottes nerveuses des gamins, font un bruit du diable. Hé ! v’là midi qui sonne ! Car muettes sont les cloches Nos mères-grands nous disaient qu’elles étaient parties bien loin, au-delà des blanches montagnes, jusqu’à Rome, l’antique cité des papes Leur départ annuel rend les clochers muets durant deux jours. Mais aussi, quelle glorieuse harmonie quand par les mêmes routes aériennes, elles reviendront prendre leur place sous l’ardoise moussue du vénérable moûtier ! Ce matin du retour, elles vibreront de toute leur puissante âme de bronze pour fêter le doux printemps et donner au soleil rajeuni une magnifique aubade que les jeunes brises emportent de coteau en coteau par-dessus les vallons reverdis ! V’là midi qui sonne ! Deux par deux tels des soldats en culotte courte allant à la manœuvre, les briandeurs défilent fièrement par les rues du village. Les crécelles et les toc-tocs s’agitent pendant la marche Soudain, le chef du détachement lève, comme un clairon, son instrument au-dessus de sa tête et, tous, avec un bel ensemble, annoncent : V’là midi qui sonne ! Puis, de nouveau, recommence le tintamarre I Viendra, ensuite, le jour de paie I Chaque maison recevra la visite des briandeurs dont le plus costaud porte un grand panier d’osier qui, peu à peu se remplit de beaux œufs frais pondus. Au chef en second est confiée la caisse ; je veux dire le porte-monnaie ! Après la tournée a lieu le partage Chaque briandeur reçoit une part proportionnelle à sa taille et à la sonorité de son instrument Alléluia du fond du cœur, N’oubliez pas les briandeurs Un jour viendra Où Dieu vous le rendra Alléluia ! Alléluia ! Alléluia
Le paysan sibérien Bulletin meusien : organe du Groupement fraternel des réfugiés et évacués meusiens. 1929-03-23.