L’agace

La pie, curieuse et bavarde,
Qui aime se percher sur la tête de bronze, crie aux quatre coins de l’horizon :
« Au voleur, au voleur ».
L’agace seule conscience morale de la scène
Vient de se rendre compte que le cœur des hommes a disparu.
Seul celui qui connaît le vol pouvait en reconnaître l’odeur.
L’agitation de la pie et le silence des statues figées de terreur
Nous alertent sur la perte d’humanité
Vidé de son sang de bienveillance,
Le cœur humain est pareil à un noyau d’airain.
Résidu métallique, industriel, sans chaleur ni porosité.
Qui a volé ce cœur ? Le temps ? L’indifférence ?

08/10/2024

Les deux serpents métalliques

Une chaîne était amoureuse de sa voisine.
En tendant son bras rouillé vers elle
Avec un grincement peureux et lugubre,
Elle entrelace de ses anneaux tordus et rudes
Les maillons jaunes de la jeune captive,
Enchaînée au creux chaud de la corrosion.
Les deux serpents métalliques
Ondulent et se déroulent
Loin de la foule indifférente

04/10/2024

Sphères irisées

J’égrène mes pensées, regrets, remords et autres peines
En un petit nuage éclatant de sphères irisées.
Les bulles de chimères s’élèvent en tremblant,
Dans une atmosphère éthérée
Vers le ciel bleu suspendu,
Pour rejoindre solennellement
Les cumulus fantômes.
Sentiment de libération,
Mélancolie subtile

01/10/2024