« Si j’avais été poète, je lui aurais écrit des poèmes, mais, photographe, mon désir était de garder des souvenirs et de réussir à capter l’atmosphère inoubliable de ce voyage avec Rita. J’ai décidé de lui offrir un poème en images. » — René Groebli
Anodin #1 : Les étals ordinaires Gard – Février 2021 À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité. Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.
Il fut une époque où Photoshop n’existait pas. Pour obtenir des effets, les photographes vissaient des filtres sur leurs objectifs ou, pour les plus habiles, jouaient sous l’agrandisseur. Sur les vide-greniers, je chine régulièrement du matériel photo. On y trouve souvent des filtres pour quelques centimes, oubliés dans des cartons depuis des décennies. Pourquoi ne pas s’en servir ? Mes objectifs modernes ont des diamètres plus grands, mais quelques bagues d’adaptation sur des objectifs vintages règlent l’affaire. Il va sans dire que ce n’est pas avec ces images que je décrocherai le prochain prix Niépce, mais je me suis bien amusé, et pour un photographe amateur, s’amuser est l’essentiel. Il y a quelque chose de savoureux à redonner vie à du matériel que personne ne regarde plus : voir ce que donnera tel filtre poussiéreux sur une scène d’aujourd’hui. Voici quelques exemples.
Anodin #2 : L’ordinaire funèbre Cimetière de Champigneulles (54), 9 mars 2021 À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité. Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.
Fabriqué de 1997 à 2001, il s’agit d’un modèle à zoom 115 mm de la série des mju, également connue sous le nom de « stylus » aux États-Unis. Olympus mju zoom 115 est un appareil photo compact appréciable pour sa portabilité, sa simplicité d’utilisation et un objectif performant couvrant une plage focale de 38 à 115 mm Il se met en route par glissement du volet avant. C’est un point and shoot. solide, élégant, intéressant par sa qualité d’image correcte pour un usage courant.
Je l’ai chargé avec une pellicule FUJIFILM Superia XTRA 400 périmée depuis 2008. La pellicule a été scannée en laboratoire et je l’ai post-traitée sous Photoshop
Et si je me faisais un p’tit selfie ? Sculpture néoclassique par Bartolomeo Oscuracamera
Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ? — Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j’ai une trop haute opinion de moi-même. Yasunari Kawabata Tristesse et Beauté
Un selfie, aussi appelé egoportrait ou autophoto en français canadien, est un autoportrait photographique pris dans un contexte social (en couple ou au sein d’un groupe), festif ou touristique (avec un arrière-plan célèbre) avec un smartphone, soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d’une perche à selfie.(Wikipédia)
Avec les pellicules argentiques, quand on voulait être un peu radin et tirer 37 ou 38 poses d’une 36, la première image avait presque toujours déjà pris la lumière. Un accident connu, parfois attendu mais pas toujours accepté Aujourd’hui, en redécouvrant ces photos à travers le scan numérique, pourquoi ne pas jouer avec cet imprévu et composer une nouvelle création ?
Voici deux images issues de la même pellicule : l’entame, et une photo choisie.
Leur fusion numérique donne naissance à une nouvelle image.
Selon le sens dans lequel on replace l’entame, l’image change.
Une vitrine, un miroir intime où se reflètent nos angoisses, nos peurs, nos désirs, nos attraits. La représentation de notre propre être intérieur, notre singulière image se projette symboliquement à travers ces surfaces.