
Une série en résonance à « Les Autonautes de la cosmoroute » de Julio Cortázar et Carol Dunlop




















Anodin #2 : L’ordinaire funèbre
Cimetière de Champigneulles (54), 9 mars 2021
À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité.
Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.






















Fabriqué de 1997 à 2001, il s’agit d’un modèle à zoom 115 mm de la série des mju, également connue sous le nom de « stylus » aux États-Unis.
Olympus mju zoom 115 est un appareil photo compact appréciable pour sa portabilité, sa simplicité d’utilisation et un objectif performant couvrant une plage focale de 38 à 115 mm
Il se met en route par glissement du volet avant. C’est un point and shoot. solide, élégant, intéressant par sa qualité d’image correcte pour un usage courant.

Je l’ai chargé avec une pellicule FUJIFILM Superia XTRA 400 périmée depuis 2008. La pellicule a été scannée en laboratoire et je l’ai post-traitée sous Photoshop









Sur une porte, une tombe ou bien tagué mettez-en partout, si le cœur vous en dit ♡










Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ?
— Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j’ai une trop haute opinion de moi-même.
Yasunari Kawabata Tristesse et Beauté




Un selfie, aussi appelé egoportrait ou autophoto en français canadien, est un autoportrait photographique pris dans un contexte social (en couple ou au sein d’un groupe), festif ou touristique (avec un arrière-plan célèbre) avec un smartphone, soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d’une perche à selfie.(Wikipédia)


Avec les pellicules argentiques, quand on voulait être un peu radin et tirer 37 ou 38 poses d’une 36, la première image avait presque toujours déjà pris la lumière.
Un accident connu, parfois attendu mais pas toujours accepté
Aujourd’hui, en redécouvrant ces photos à travers le scan numérique, pourquoi ne pas jouer avec cet imprévu et composer une nouvelle création ?
Voici deux images issues de la même pellicule : l’entame, et une photo choisie.


Leur fusion numérique donne naissance à une nouvelle image.


Selon le sens dans lequel on replace l’entame, l’image change.
Quelques exemples :





Une vitrine, un miroir intime où se reflètent nos angoisses, nos peurs, nos désirs, nos attraits.
La représentation de notre propre être intérieur, notre singulière image se projette symboliquement à travers ces surfaces.
Cliquez sur la 1ere photo et faites défiler











Nous regardons volontiers par la fenêtre d’où l’on aperçoit la vie quotidienne et parfois le monde entier.
La fenêtre est une portion essentielle de nos « chez nous ». La lumière y pénètre mais le monde aussi. Mais c’est aussi la limite, le cadre à partir duquel le monde peut voir notre intérieur, notre intimité.
« Celui qui regarde au-dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée » nous dit Baudelaire
Alors on occulte avec des rideaux, voilages, stores, tentures, volets, carreaux translucides ou opaques. Mais devant ?
Les quelques objets de décoration ou autres incitent à l’imagination et comme un défi, nous poussent à deviner ou à satisfaire notre curiosité par le recours la fiction. Et nous voilà à composer quelque histoire ou bien une fable.

Et voici la fenêtre de Blanche neige qui fait sécher les vêtements des 7 nains.

Celle-ci aux pointes acérées comme des dents de requins, la prison de la tendre princesse ôtée à l’amour de son prince charmant.

Pourquoi une photo sur celle-ci ?
Pour faire écho à l’incroyable paysage devant lequel le locataire
ouvre ses volets chaque matin

Ici on comprend mieux la querelle de jeunes amoureux. L’un des deux, furibond, jeta les vêtements par la fenêtre. Pour bien lui montrer qu’il/elle est désormais en dehors de sa vie.

Seul mystère, cette fenêtre dans la fenêtre. Il est possible que regarder dans une fenêtre nous renvoie le reflet de nous-même. Et ce miroir ne devient qu’un prétexte à la réflexion, à une meilleure connaissance de soi.

Le Nikon F60 est un reflex argentique 35 mm d’entrée de gamme produit entre 1998 et 2000. Simple et intuitif, il mise sur une ergonomie claire sans menus complexes.
Sa construction sérieuse, son viseur lisible et la fiabilité de son exposition en font un boîtier plus abouti que ne le suggère son positionnement.
Seul son moteur de film lent rappelle son orientation amateur. Ainsi que son optique, un zoom nikon 28-80 mais c’est souvent le cas avec les kits vendus prêt à l’emploi. A noter que sur l’exemplaire en ma possession, l’autofocus ne fonctionnait pas.
Un appareil cohérent et robuste pour une pratique argentique accessible.

Je l’ai chargé avec une pellicule Fuji sensia 200 périmée. La pellicule a été scannée en laboratoire et j’ai post-traité les scans sous Photoshop.

















C’est un appareil compact 35 mm fabriqué de 1982 à 1984
Ultime mutation de la famille Hi-Matic, c’est un appareil doté d’un objectif 35 mm pour ceux qui ne veulent pas se casser la tête.
Une seule vitesse (1/125e), 4 symboles pour la distance et 3 symboles pour l’ouverture (f/4, f/8 et f/16)
Un flash complète l’équipement
Je l’ai chargé avec une pellicule Nation 400 asa. La pellicules a été scannées en laboratoire et je l’ai post-traitées sous Photoshop


















