Anodin #1 : Les étals ordinaires Gard – Février 2021 À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité. Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.
Anodin #2 : L’ordinaire funèbre Cimetière de Champigneulles (54), 9 mars 2021 À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité. Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.
Et si je me faisais un p’tit selfie ? Sculpture néoclassique par Bartolomeo Oscuracamera
Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ? — Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j’ai une trop haute opinion de moi-même. Yasunari Kawabata Tristesse et Beauté
Un selfie, aussi appelé egoportrait ou autophoto en français canadien, est un autoportrait photographique pris dans un contexte social (en couple ou au sein d’un groupe), festif ou touristique (avec un arrière-plan célèbre) avec un smartphone, soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d’une perche à selfie.(Wikipédia)
Une vitrine, un miroir intime où se reflètent nos angoisses, nos peurs, nos désirs, nos attraits. La représentation de notre propre être intérieur, notre singulière image se projette symboliquement à travers ces surfaces.
Nous regardons volontiers par la fenêtre d’où l’on aperçoit la vie quotidienne et parfois le monde entier. La fenêtre est une portion essentielle de nos « chez nous ». La lumière y pénètre mais le monde aussi. Mais c’est aussi la limite, le cadre à partir duquel le monde peut voir notre intérieur, notre intimité. « Celui qui regarde au-dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée » nous dit Baudelaire Alors on occulte avec des rideaux, voilages, stores, tentures, volets, carreaux translucides ou opaques. Mais devant ? Les quelques objets de décoration ou autres incitent à l’imagination et comme un défi, nous poussent à deviner ou à satisfaire notre curiosité par le recours la fiction. Et nous voilà à composer quelque histoire ou bien une fable.
Sommières (30) le 22 octobre 2022
Et voici la fenêtre de Blanche neige qui fait sécher les vêtements des 7 nains.
Halles-sous-les-côtes (55) le 18 septembre 2022
Celle-ci aux pointes acérées comme des dents de requins, la prison de la tendre princesse ôtée à l’amour de son prince charmant.
Montmedy (55) le 25 septembre 2022
Pourquoi une photo sur celle-ci ? Pour faire écho à l’incroyable paysage devant lequel le locataire ouvre ses volets chaque matin
Verdun (55) le 16 septembre 2018
Ici on comprend mieux la querelle de jeunes amoureux. L’un des deux, furibond, jeta les vêtements par la fenêtre. Pour bien lui montrer qu’il/elle est désormais en dehors de sa vie.
Brandeville (55) le 21 aout 2022
Seul mystère, cette fenêtre dans la fenêtre. Il est possible que regarder dans une fenêtre nous renvoie le reflet de nous-même. Et ce miroir ne devient qu’un prétexte à la réflexion, à une meilleure connaissance de soi.
Délaissant le béton étrangleur Comme le figuier étrangle les constructions d’Angkor Je m’évade dans la jungle urbaine Et là dans ce parc qu’on dit public Je sieste Je textote Je selfiese Je croque Je rêvasse Je paresse Et je retrouve sur la pelouse tondue rase Un peu de la vie qu’on me rapine.