L’agace

La pie, curieuse et bavarde,
Qui aime se percher sur la tête de bronze, crie aux quatre coins de l’horizon :
« Au voleur, au voleur ».
L’agace seule conscience morale de la scène
Vient de se rendre compte que le cœur des hommes a disparu.
Seul celui qui connaît le vol pouvait en reconnaître l’odeur.
L’agitation de la pie et le silence des statues figées de terreur
Nous alertent sur la perte d’humanité
Vidé de son sang de bienveillance,
Le cœur humain est pareil à un noyau d’airain.
Résidu métallique, industriel, sans chaleur ni porosité.
Qui a volé ce cœur ? Le temps ? L’indifférence ?

08/10/2024