Pour des raisons professionnelles, je devais me rendre dans les Pyrénées orientales. Nous avions fait ça sur un week-end, à deux, sans vraiment mesurer la fatigue. Depuis la Meuse, quasiment 1 000 km d’une seule traite. Fallait être fou ou bien jeune pour réaliser ce périple. Nous avons le souvenir de Saint-Martin-de-Fenouillet, comme d’une petite commune collée au flanc de la montagne. Elle est proche des centres urbains sur une carte. Mais la route, étroite et sinueuse, impose son propre temps.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ». La photographie est du même ordre.
À l’angle d’un bois sombre Sous la voûte en coupole, Emprisonnant un ciel suave, Une pelle épuisée de fatigue Émerge de la terre lourde et opulente Sans manche et rouillée. La profonde forêt ténébreuse Est son dernier linceul.
Labeur du passé et consumée par la terre, Pour celle qui a creusé tant de tombes.
Cette herbe de la vie, la moly, qui endigue l’animalité et la dégradation morale ou physique. Sur l’île d’Ééa , il suffit à Ulysse de jeter, sur les conseils de Mercure, dans la boisson tendue par l’enchanteresse Circé, une fleur de lait, pour ramener vers l’humanité ses compagnons d’infortune. Ulysse remit son glaive dans le fourreau, lui faisant jurer par le serment des dieux qu’elle ne tramera pas quelque ruse contre lui. Il partagea la couche de la magicienne à la belle chevelure. S’unissant, il passa auprès d’elle des mois de délices, chassant la défiance de leurs âmes.
Et si je me faisais un p’tit selfie ? Sculpture néoclassique par Bartolomeo Oscuracamera
Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ? — Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j’ai une trop haute opinion de moi-même. Yasunari Kawabata Tristesse et Beauté
Un selfie, aussi appelé egoportrait ou autophoto en français canadien, est un autoportrait photographique pris dans un contexte social (en couple ou au sein d’un groupe), festif ou touristique (avec un arrière-plan célèbre) avec un smartphone, soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d’une perche à selfie.(Wikipédia)
L’ancre sanglote Sur la pierre moussue. De son anneau rouillé Coulent quelques larmes salées. Elle n’a pour amis Que le vent et les flots. À tout ce que les tempêtes Ont tourmenté autrefois Son existence houleuse L’ancre est attachée Vie passée, tumultueuse et désormais figée
Du 30 janvier au 3 février nous sommes dans la micro saison « Niwatori hajimete toya ni tsuku » qui indique que les poules recommencent à pondre C’est un signe annonciateur du printemps et la fin de l’hibernation, et donc la tradition veut que cet animal annonce le changement de saison.
Il y a des êtres humains et il y a ceux qui savent être humains
Et si pour se présenter à une élection, on faisait passer aux prétendants le même test que ceux des candidats à la naturalisation française ?
Lu et entendu ici et là
« La photographie est essentiellement une affaire personnelle – une recherche de la vérité intérieure. ” Inge Morath
L’hiver est le temps de prédilection pour « travailler » le cochon. Alors le week-end dernier, c’était la saint-cochon. La saint-cochon, c’est le jour où l’on sacrifie le porc. Je vous épargne les photos du sacrifice de Monsieur. Oui, on l’appelle Monsieur, parce qu’on est très respectueux de cet animal. Et parce qu’on sait ce qu’on lui doit. Il y a encore peu de temps, dans les campagnes, chaque foyer élevait son cochon. Un seul. Mais il permettait d’avoir de la viande pour une bonne partie de l’année. Rien d’industriel là-dedans : du temps, du savoir-faire, et une forme d’autonomie très concrète. Aujourd’hui, pendant qu’on parle du Mercosur, de mondialisation et d’accords commerciaux, ce cochon-là n’a parcouru que dix kilomètres.
Dix ! Oui, on peut consommer local. Pour beaucoup de choses, en tout cas. Bon, évidemment, si on aime le chocolat ou les bananes, ça va être plus compliqué. Mais pour la majorité des produits, c’est possible. Et quand on tue un goret de 150 kg, on ne plaisante pas : on peut faire pas mal de cochonnaille.
Bien sûr, il y a la viande : côtelettes, rôtis, et cetera. Mais aussi les saucisses de Toulouse, les chipolatas. Et toute la salaison : saucissons secs, saucissons à l’ail, lard, pancetta, coppa. Et puis, si on est un peu courageux – et un peu patient – on peut même faire son propre jambon blanc. Au torchon, évidemment. Un jambon blanc qui ne sera pas rose, bien entendu. Mais quel bonheur de goûter ses propres produits, de savoir exactement ce qu’il y a dedans, et d’où ça vient.
Finalement, la saint-cochon, ce n’est pas seulement une tradition rurale. C’est peut-être aussi un rappel très moderne : celui du lien entre ce que nous mangeons, ce que nous savons faire, et notre capacité à nous affranchir des grandes multinationales.
Ces temps-ci, on parle beaucoup de souveraineté ou d’autonomie : informatique, énergétique, militaire. Mais qu’en est-il de l’autonomie alimentaire ? Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais certains pays commencent déjà à constituer des stocks alimentaires stratégiques.
Elles étaient quatre Couchées dans les feuilles Attendant, la soif apaisée. Les bouteilles de couleur Laissent leurs raisons Au fond du bois En somnolant hébétées Aucunement curieuses de revivre
À l’heure plate et sans ride Au détour du sentier secret D’une forêt de la solitude Un vieux bidon rouillé, Soldat de métal croupissant, Éventré sans honneur Nous offre ses entrailles De vieilles ferrailles Assombrissant le sous-bois De son cri muet de souffrance