Sur un sobre mur de béton gris Se promenait une araignée d’un vert vif Présence fragile mais déterminante Prends garde à ne pas l’écraser Car c’est une âme échappée De quidam qui somnole La tuer pourrait tuer le dormeur. La vie ne tient qu’à un fil.
Tout recroquevillé sur la grille Sous un ciel que des nuages habillent Le pigeon entiché rêvasse et lambine En attendant sage et docile sa colombine Tendresse et simplicité Douce attente du désir
Datant de la première moitié du XIXe siècle, le lavoir communal de Jametz est plutôt une rareté dans le nord de la Meuse, région où les sources naturelles sont généralement privilégiées pour alimenter ce type d’ouvrage.
Contrairement aux lavoirs traditionnels, souvent ouverts sur les côtés, celui de Jametz se distingue par ses façades entièrement closes, les préservant des courants d’air, percées uniquement d’une ouverture dans le toit. Ce dispositif, appelé compluvium, dirige la lumière vers l’intérieur où résonnent les voix et les gestes des lavandières. Mais son rôle est de canaliser l’eau de pluie vers le bassin central : l’impluvium. Jametz possède en outre la particularité rare de disposer d’un double impluvium, et le lavoir a fait l’objet d’une restauration en 2011.
Le principe même de l’impluvium est emprunté à l’Antiquité romaine : ce terme latin désignait à l’origine le bassin creusé au cœur de l’atrium des demeures romaines, destiné à recueillir les eaux de pluie tombant par le compluvium. Le lavoir de Jametz demeure aujourd’hui l’un des témoins les plus singuliers de la vie rurale meusienne.
Nous avions passé l’après-midi dans la baie de Somme à essayer d’observer des phoques. Nous scrutions l’eau, les bancs de sable, l’horizon. On nous avait dit qu’ils étaient là. Mais nous n’en avons pas vu, enfin pas suffisamment près pour vraiment les voir. En fin de journée, arrivant au Tréport, nous traversions tranquillement la passerelle au-dessus du canal d’Eu à la mer, sans rien chercher cette fois, simplement en profitant de la vue sur le port. Et là, juste en dessous de nous, un nez moustachu est sorti de l’eau. Un phoque. Comme quoi chercher ne sert peut-être pas à grand-chose. Il suffit parfois que les choses nous trouvent au moment où l’on ne les attend plus.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ». La photographie est du même ordre.
Désespéré, rongé par un tourment obscur Un vieux colimaçon à moitié desséché Se pendit haut et court à un vieux portail Levant au ciel ses antennes racornies Il aperçut dans le bleu de l’azur Les spirales de la corde et des barreaux Évoquant les courbes de sa mie Ce qui ne consola son chagrin.
Il y a quelque temps, j’ai pris l’habitude de noter les références à des morceaux de musique dans les livres que je lis. Bon, ça ne sert à rien, mais c’est pour ça que c’est utile. Ce billet s’enrichira au fur et à mesure de mes lectures.
Dans la caisse de bois gris, Les bouteilles ont pris place Espérant rejoindre la fête de la bière. Dans une atmosphère de poussière et lumière déclinante, Elles attendent, et se languissent d’impatience. Les quatre flacons ont l’air de gourdes Dans ce casier disloqué Loin des jours de ripaille et de danse.
Des gouttes de joie limpide Sur les longues herbes torpides S’expriment en une image affaiblie Un pâle reflet du passé établi.
Des perles transparentes et malmenées Qui tintent au cœur de la journée Comme des larmes de pluie Qui peuvent changer sous l’éclairage de la vie
A quoi sert de chanter sa joie ou son tourment Sous une lumière sans scintillement Attendons les jours de rire bienvenu Pour cueillir la poésie nomade et méconnue.
Un papillon folâtre, étourdi, s’est posé sur une tôle. Trompé par les couleurs mordorées du métal oxydé, il croit reconnaître sa dulcinée. Les nuances de teintes sont fourbes ; seule la chaleur d’un corps peut attester de la vitalité de l’amour. Délicatesse du papillon et froideur du métal. Apparence et réalité.