Ébouriffée

Dans le silence des vertes prairies
Sur les sentiers d’une pente fleurie
La tête rouge à l’air de mort-vivant
Ne se plie pas dans le sens du vent.

L’herbe de Saint-Benoît
Lance vers le ciel sournois
Sa perruque ébouriffée
D’akènes crochus étoffés

Pour faire échec à nos démons
Et nous rendre la joie que nous aimons
Fleurissant nos âmes ravies
Sans verser dans l’immense nostalgie.

12/11/2024

La blonde crinière

À pas lents dans la forêt
La blonde crinière flottante
Le bon cheval sans faire un écart
Poursuit son chemin de tourment
Évitant lentement l’ornière creuse
Attentif à poser ses larges sabots
Afin de ne pas glisser lourdement.
Chaque souffle soutient l’effort de la noble démarche
Chaque pas lent mesure la prudence du monde

30/10/2024

La ballade des pendus

Villon nous a dépeint la ballade des pendus
Attachés ici, cinq, six
Que de leurs malheurs personne ne se moque
Pierre Dac pour lui répondre
Écrivit, c’est dans ses cordes
Dans les champs, près de chez son père,
Le linge blanc dans la brise légère
De-ci, de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil, desséchés et noircis ;
Et dès lors dans sa tête l’obsession qui l’inquiète
Semblait lui dire « pince à linge » « pince à linge »

Avec l’aide de Villon et Pierre Dac