J’errais sur le flot écumant de la vie Sur mon bateau déboussolé. Tu as attaché à l’anneau de ton désir Ma petite barque lézardée Au port du destin Par un nœud irrésistible. Comme un lien Enlaçant mon cœur De ta corde d’amour Nos deux âmes à jamais sont liées.
Voyage incertain de la vie, Havre de tendresse paisible.
Non, ce n’est pas un bateau offshore qui va rugir ni même un aviron qui va faire des vaguelettes. Juste une feuille qui se redresse pour effectuer une chorégraphie, telle une nageuse de natation synchronisée. Beauté éphémère, atmosphère douce et contemplative. La danseuse a quitté sa branche pour plonger dans la mare. Le murmure du limbe touchant l’eau, la sensation humide contre sa peau fragile. Son pari ? Se trémousser pendant quelques heures dans l’eau. Elle va lutter, et fendre l’eau pour guider ses mouvements malgré les difficultés du milieu. Malheureusement, peu de spectateurs pour découvrir un véritable ballet aquatique, esthétique et graphique. Les spectacles les plus discrets sont des scènes poétiques et délicates.
Il déniche un petit bistro Discret et convenable Pour siroter un petit noir. Chaleureux et mélancolique Dans cette tasse de café Obscure et triste, Que broie-t-il ? Des grains d’idées charbonneuses ?
Appelons une évidence un chat Ce félin taquin et ludique Cerclé d’un bijou flamboyant Dans la vitrine d’une boutique poussiéreuse Collier de nos vies ternes Reflet de notre société superficielle
Joindre le geste à la parole Promesse folle Et mettre un doigt sur la bouche Blême et louche Un signe pour l’absence De lointaines réminiscences Se taire pour la retenue De ma réalité nue Résonne profondément le silence Pour oublier ma futile existence
Certains jours j’aimerais bien être une chaise Une chaise rouge bien entendu pour que vous me remarquiez Je vivrais dans un beau parc et vous vous exclameriez « oh ! J’ai enfin trouvé le siège de ma vie » ! Bien sûr, j’ai ajouté deux accoudoirs
Oh ! Point de suffisance de ma part, juste le désir de mieux vous enlacer Nous passerions de beaux après-midi ensoleillés, à l’ombre de majestueux marronniers Vous, rêvassant un livre à la main Moi, savourant vos caresses et m’étourdissant de vos parfums
Comme les amours d’adolescent qui ne durent qu’un été Dès les premiers frimas de l’automne Vous me quitterez pour retrouver au coin de la cheminée Ce prétentieux fauteuil voltaire
Je suis peut-être de fer, mais j’ai aussi un cœur Et ce qui faisait de ma vie une longue joie Se transformera en un lourd fardeau du chagrin très obscur Comme de longues nuits d’hivers brumeuses
J’attendrai dans les ténèbres froides aux morsures d’acier La réapparition des premières fleurs du printemps Annonciatrices du retour de la belle Je goûterais à nouveau le bonheur qu’apporte votre présence.
Dans l’univers ferraille de notre vie Il suffit d’une vis bonheur et d’un écrou malheur Pour resserrer les boulons Mais la rouille peut oxyder cette fixation Et altérer l’ancrage robuste De notre existence métallique
L’automne saigne les arbres De ses ocres aux tons chauds Le rêveur content d’être seul En quête de sensations profondes Dans son pull-over pour avoir bien chaud Désir de se protéger du monde extérieur Chemine sous la lumière tamisée et calme Aux impressions essentielles et intenses Ambiance propice à la réflexion et à la méditation Vers l’horizon acéré de l’infini Au caractère vaporeux et brumeux. Quête intérieure sans fin
C’est l’angoisse qui crispe les visages Bientôt ils vont monter les marches Attendus par une flopée de journalistes et d’échotiers Leurs pas les dirigent vers la renommée Où leur intimité se noiera Dans l’arène de la célébrité