Apparence et réalité.

Un papillon folâtre, étourdi, s’est posé sur une tôle.
Trompé par les couleurs mordorées du métal oxydé, il croit reconnaître sa dulcinée.
Les nuances de teintes sont fourbes ; seule la chaleur d’un corps peut attester de la vitalité de l’amour.
Délicatesse du papillon et froideur du métal.
Apparence et réalité.

09/10/2024

Les deux serpents métalliques

Une chaîne était amoureuse de sa voisine.
En tendant son bras rouillé vers elle
Avec un grincement peureux et lugubre,
Elle entrelace de ses anneaux tordus et rudes
Les maillons jaunes de la jeune captive,
Enchaînée au creux chaud de la corrosion.
Les deux serpents métalliques
Ondulent et se déroulent
Loin de la foule indifférente

04/10/2024

Un nœud irrésistible

J’errais sur le flot écumant de la vie
Sur mon bateau déboussolé.
Tu as attaché à l’anneau de ton désir
Ma petite barque lézardée
Au port du destin
Par un nœud irrésistible.
Comme un lien
Enlaçant mon cœur
De ta corde d’amour
Nos deux âmes à jamais sont liées.

Voyage incertain de la vie,
Havre de tendresse paisible.

17/09/2024

La chaise rouge

Certains jours j’aimerais bien être une chaise
Une chaise rouge bien entendu pour que vous me remarquiez
Je vivrais dans un beau parc et vous vous exclameriez « oh ! J’ai enfin trouvé le siège de ma vie » !
Bien sûr, j’ai ajouté deux accoudoirs

Oh ! Point de suffisance de ma part, juste le désir de mieux vous enlacer
Nous passerions de beaux après-midi ensoleillés, à l’ombre de majestueux marronniers
Vous, rêvassant un livre à la main
Moi, savourant vos caresses et m’étourdissant de vos parfums

Comme les amours d’adolescent qui ne durent qu’un été
Dès les premiers frimas de l’automne
Vous me quitterez pour retrouver au coin de la cheminée
Ce prétentieux fauteuil voltaire

Je suis peut-être de fer, mais j’ai aussi un cœur
Et ce qui faisait de ma vie une longue joie
Se transformera en un lourd fardeau du chagrin très obscur
Comme de longues nuits d’hivers brumeuses

J’attendrai dans les ténèbres froides aux morsures d’acier
La réapparition des premières fleurs du printemps
Annonciatrices du retour de la belle
Je goûterais à nouveau le bonheur qu’apporte votre présence.

C'est à la fête foraine

C’est à la fête foraine
Que j’ai gagné ton cœur
Accoudé au stand de tir des vainqueurs
J’ai tiré dans le ballon de mes peines

Dans les effluves de barbe à papa
Une pomme d’amour t’échappa
Un billet de loterie, je gagnais
Un lot d’amour qui m’étreignait

J’enfourchais mon fougueux cheval de bois
Pour accéder à ton manège ensorceleur mais courtois
« Tournez jeunesse » chantait le forain complice
Mais ce n’était pas à cause de la chenille spectatrice

A Nancy le 30 avril 2022

Boitier : Yashica minister II

Pellicule : Lomographie Slide x Pro 200

Statue sans visage

Le Thoureil (49) le 26 avril 2009

Quelle est cette statue sans visage ?
Où sont ces beaux yeux clairs de jadis
Ah ! Tu caches ce regard plein d’orage
Lourd de larmes qui jaillissent

Ce regard eût livré sans détour
Un éclair sombre et vide
Rongé par un chagrin trop lourd
Illuminant un cœur livide

Reviens et chante les foudres de l’amour
Dans un sanglot qui répare un sourire
Reviens nous hanter pour toujours
De ce regard égaré que mon âme désire

Prête à croquer la vie

Aigues-Mortes (30) Juin 1981

Prête à croquer la vie à pleines dents
Devant l’immensité du temps
La fleur du rire aux lèvres salées
La soif de vivre l’amour exhalé

Les cheveux flottant au vent du ciel pur,
Elle affronte aventureuse, le futur
Où vibre mon cœur au gré des flots inattendus
Lui qui vogue au lointain dans des souvenirs éperdus,

Et composer durablement notre monde
Où coules un chant clair, sans nul souci  
Que je crois heureux et adouci
Puisque la tendresse y vagabonde.