
Pendu à ton cou
Comme des pierreries
Je ne suis qu’un bijou
Dans ta rêverie

Pendu à ton cou
Comme des pierreries
Je ne suis qu’un bijou
Dans ta rêverie

Dans le soleil d’or
Plumet de clématite
Brille comme mille éclats
| Mont-devant Sassey (55) 12 mai 2020 |
Finalement
Rien ne devrait être
Aussi simple que la vie
Nourrissant l’avenir
Comme l’on nourrit
Invariablement
Ses envies

Sans sombrer la feuille s’est posée sur l’eau
Sans sombrer ma main s’est posée sur ta peau
Une brise a délicatement décollé la feuille de l’eau
Ton souffle a délicatement effacé ma main de ta peau
Tel est le destin de la feuille et de ma main
Dans un soupir, ils ne badineront en commun

Des boules vertes et noires sous un hangar
Un S blanc sur la voie ferrée désaffectée
Deux blockhaus moussus dans le champ labouré
Des petits fruits rouges dans la haie ténébreuse
Concentré sur le ruban noir qui défile à toute vitesse
Devant nos yeux étanches
Invisible est devenu ce qui nous entoure
Et si l’exotisme, le pittoresque, la fantaisie
Ne se trouvait pas simplement aujourd’hui
Dans la banalité, le commun, l’insignifiant qui nous cerne.

« Marguerite.
Oui, répondit Robinson, c’est une marguerite. »
Mais à peine avait-il prononcé ces mots que la marguerite battait des ailes et s’envolait.
« Tu vois, dit-il aussitôt, nous nous sommes trompés. Ce n’était pas une marguerite, c’était un papillon. Un papillon blanc, rétorqua Vendredi, c’est une marguerite qui vole. »
Vendredi ou la vie sauvage – Michel Tournier
Papillon exquis
Déployant ses ailes rouges
Au vent s’effacera

Le temps passe
Ne reste qu’un lambeau
Bouquet d’une vie

Peur de le franchir
Laissons notre confort,
De l’autre côté
Entrevoyons l’inconnu

Je ris à la vie
Ajoutons des jours heureux
Chaque été fleurit

La faux passa
La plus belle des fleurs s’allongea
Sombre printemps