Les murs se souviennent pour nous

A l’horloge du temps qui ne s’arrête pas
Les murs se souviennent pour nous
Le poids des autrefois du monde
Vestiges obstinés d’une dignité qui n’est plus

A l’ombre de ces remparts révolus
Nous reprendrons nos chemins coutumiers
Et, las, nous traînerons le poids lourd
Du souvenir sur nos âmes enterrées.

Statue sans visage

Le Thoureil (49) le 26 avril 2009

Quelle est cette statue sans visage ?
Où sont ces beaux yeux clairs de jadis
Ah ! Tu caches ce regard plein d’orage
Lourd de larmes qui jaillissent

Ce regard eût livré sans détour
Un éclair sombre et vide
Rongé par un chagrin trop lourd
Illuminant un cœur livide

Reviens et chante les foudres de l’amour
Dans un sanglot qui répare un sourire
Reviens nous hanter pour toujours
De ce regard égaré que mon âme désire

Libellule fragile aux gouttes de perle

Sur la branche aérienne mais solide
Se pose l’insecte aux ailes nacrées.
La nymphe au corselet sacré
Tout juste éclose de sa chrysalide

Libellule fragile aux gouttes de perle
Corps de ballet gracieux
Tendu délicatement vers les cieux
Ses voiles brodées déferlent

Le rameau rêveur et délicat
Illumine comme un câlin
Le corps distingué et opalin
De la demoiselle mica

03/09/2024 réécrit le 27/05/2025

Sans tête

Belleville (55) le 06 juin 2022

Pour toi j’ai perdu la tête
Comment plonger mes yeux
Au plus profond de tes yeux
Telle était pourtant ma quête.

Voulant me noyer
Dans l’abîme de ton regard
Je m’y suis perdu trop tard
Abandonnant ma vulnérabilité.

À couper j’ai donné ma tête
A cause de ce sentiment envoûtant
Me tourmentant, me persécutant
Sur les épaules je n’ai plus ma tête.