Guérite d’observation

Guérite d’observation

Lorsqu’on évoque Verdun et ses édifices, on pense aussitôt à l’ossuaire, aux forts de Vaux ou de Douaumont, à la Tranchée des baïonnettes. Mais pour qui parcourt les bois, il est d’autres ouvrages qui retiennent l’attention.
Dans ce que l’on appellera plus tard la Zone Rouge, la terre conserve les traces authentiques d’un passé guerrier et meurtrier. Au cœur des vestiges de béton, l’humain réapparaît – ou plutôt l’empreinte fragile de son passage.

Guérite d’observation

Dans une guérite d’observation, subsistent encore des dépêches et des réclames d’époque. Hiéroglyphes pâles, figés dans le ciment. On y distingue notamment une publicité pour des chaussettes germaniques. Dérisoire, presque absurde, au milieu d’un ouvrage conçu pour surveiller et tuer. Et pourtant.

À l’époque, le bois est une denrée rare. Lors du coffrage, les planches sont protégées par du papier journal. Quand le béton a pris, le bois est récupéré pour d’autres constructions, ou brûlé pour se chauffer en ces temps de pénurie. Le papier, lui, reste prisonnier du ciment.
L’humidité agit comme un solvant.
La pression fixe les pigments.
Le temps achève l’œuvre.

Guérite d’observation

Les encres migrent. Le négatif s’imprime.
Ainsi naît cette étrange chimie de la mémoire, où les préoccupations de l’arrière – une réclame pour des chaussettes, une brève de journal – se retrouvent incrustées dans la peau d’une machine de guerre.

C’est là que la « petite histoire » rejoint la Grande. Paradoxalement, elle la rend bien plus tangible que n’importe quel chiffre de victimes. Lire une publicité pour un produit de confort quotidien sur le mur d’un poste d’observation rappelle que les soldats n’étaient pas seulement des combattants : ils lisaient les nouvelles, se souciaient de leurs pieds gelés, tentaient de maintenir un lien ténu avec la normalité.

Guérite d’observation


Aujourd’hui, la forêt a repris ses droits sur la Zone Rouge, mais elle dissimule une terre qui n’est pas encore guérie. Ces ouvrages sont des capsules temporelles, lentement rongées par l’humidité et l’érosion. Des témoins silencieux qui s’effacent inexorablement.

Ce petit patrimoine, souvent méconnu, mérite pourtant toute notre attention avant que l’oubli ne l’emporte tout à fait. Il rappelle qu’ici vivaient – simplement – des hommes.

Quelle connerie, la guerre.

Sphères irisées

J’égrène mes pensées, regrets, remords et autres peines
En un petit nuage éclatant de sphères irisées.
Les bulles de chimères s’élèvent en tremblant,
Dans une atmosphère éthérée
Vers le ciel bleu suspendu,
Pour rejoindre solennellement
Les cumulus fantômes.
Sentiment de libération,
Mélancolie subtile

01/10/2024

C'est une maison bleue

Le Tréport (76) le 11 juin 2022

C’est une maison bleue
Accrochée au lampadaire

En 1970, Maxime Le Forestier s’est inspiré de cette maison bleue pour l’écriture d’un de ses tout premiers succès, San Francisco
De style victorien, la maison est située au 3841 de la 18e rue dans le quartier du Castro
À l’occasion des 40 ans de carrière de Maxime Le Forestier, sa maison de disques propose aux propriétaires de la maison qui entre-temps a été peinte en vert de lui redonner sa couleur bleue. Le 21 juin 2011, le chanteur donne le dernier coup de pinceau (source Wikipédia)

La lettre 0208

Archive photos des 08 février

Salmigondis

Nous sommes actuellement dans la période de Lichun, qui s’étend cette année du 4 au 18 février. Dans le calendrier agricole chinois, l’année est rythmée par 24 termes solaires, et Lichun en est le premier. Il marque le début du printemps et porte en lui l’espoir d’un renouveau, annonciateur d’un cycle nouveau et prospère.

Nous sommes dans un monde qui ressemble à un robinet qui fuit. La solution trouvée, mettre une serpillière alors qu’il suffirait de changer le joint.

Les perce-neiges fleurissent et les grues migrent vers le nord.

Lu et entendu ici et là

Il ne faut pas trop de mots pour être lu, entendu, compris.
Françoise Renaud

Le blog de la semaine

Les heures creuses
Caroline Diaz

Le coup de cœur

Ce jeudi 5 février à Verdun, dans le cadre de la saison culturelle de Transversales, nous avons pu admirer le pianiste cubain Roberto Fonseca accompagné de Ruly Herrera à la batterie et Felipe Cabrera à la contrebasse.
De la musique cubaine contemporaine mêlée de jazz, de funk, ou de bossa en laissant une grande place à l’improvisation.

Récapitulatif

Contribution

Fenouillet – 2001

On se souvient : Saint-Martin-de-Fenouillet

Pour des raisons professionnelles, je devais me rendre dans les Pyrénées orientales. Nous avions fait ça sur un week-end, à deux, sans vraiment mesurer la fatigue.
Depuis la Meuse, quasiment 1 000 km d’une seule traite. Fallait être fou ou bien jeune pour réaliser ce périple.
Nous avons le souvenir de Saint-Martin-de-Fenouillet, comme d’une petite commune collée au flanc de la montagne. Elle est proche des centres urbains sur une carte. Mais la route, étroite et sinueuse, impose son propre temps.

L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.

La moly

Cette herbe de la vie, la moly, qui endigue l’animalité et la dégradation morale ou physique.
Sur l’île d’Ééa , il suffit à Ulysse de jeter, sur les conseils de Mercure, dans la boisson tendue par l’enchanteresse Circé, une fleur de lait, pour ramener vers l’humanité ses compagnons d’infortune.
Ulysse remit son glaive dans le fourreau, lui faisant jurer par le serment des dieux qu’elle ne tramera pas quelque ruse contre lui.
Il partagea la couche de la magicienne à la belle chevelure. S’unissant, il passa auprès d’elle des mois de délices, chassant la défiance de leurs âmes.

On n’est jamais mieux « selfie » que par soi-même !

Et si je me faisais un p’tit selfie ?
Sculpture néoclassique par Bartolomeo Oscuracamera

Pourquoi ne ferais-tu pas ton autoportrait ?
— Moi ? Cela ne serait pas très ressemblant. Le portrait risquerait de dévoiler toutes les laideurs de mon âme et je finirais probablement par le prendre en horreur. Ou bien, si je me peins de façon réaliste, les gens trouveront certainement que j’ai une trop haute opinion de moi-même.
Yasunari Kawabata Tristesse et Beauté

Un selfie, aussi appelé egoportrait ou autophoto en français canadien, est un autoportrait photographique pris dans un contexte social (en couple ou au sein d’un groupe), festif ou touristique (avec un arrière-plan célèbre) avec un smartphone, soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d’une perche à selfie.(Wikipédia)

1er appareil photo à Selfie