Quotidien

La ruralité n’est pas si glamour (*) qu’on le pense.
Mon quotidien ces temps-ci, c’est préparer l’hiver. Oui, il faut bien renouveler les stocks de bois et ce n’est pas toujours de tout repos.
C’est une activité qui s’exerce quasiment tout au long de l’année.
En effet, il faut :
Abattre les arbres
Tronçonner
Fendre
Débarder
Scier
Ranger le bois dans le bûcher
Et rentrer les bûches nécessaires pour la chauffe du jour.
Bon, je vous épargne le fait qu’il faut aussi sortir les cendres que l’on doit soit épandre sur le jardin soit en faire de la lessive.
Comme on le dit : le bois chauffe plusieurs fois avant d’arriver dans la cheminée
Vous voyez, la vie à la campagne est faite surtout de contraintes. Mais c’est mon choix.

(*) Petite remarque : je vois très peu de blogs de ruraux. Le blogging serait-il une activité d’urbains en mal d’occupations ?

Triste clou

Entre le désir du meilleur sublime
Et la réalité sombre et floue
Les paradis sont pleins d’abîmes
Accroché à un triste clou
Face au soleil, l’homme, la victime
Au fond du caverneux trou
Sans aucune nécessaire estime
Mais plein de cruel dégoût
Pour cet infâme crime
L’homme est un loup
Accablé par la nature nullissime
De son existence de fou

10/08/2024

Les fenêtres

Sommières (30) le 11 septembre 2019

Nous regardons volontiers par la fenêtre d’où l’on aperçoit la vie quotidienne et parfois le monde entier.
La fenêtre est une portion essentielle de nos « chez nous ». La lumière y pénètre mais le monde aussi. Mais c’est aussi la limite, le cadre à partir duquel le monde peut voir notre intérieur, notre intimité.
« Celui qui regarde au-dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée » nous dit Baudelaire
Alors on occulte avec des rideaux, voilages, stores, tentures, volets, carreaux translucides ou opaques. Mais devant ?
Les quelques objets de décoration ou autres incitent à l’imagination et comme un défi, nous poussent à deviner ou à satisfaire notre curiosité par le recours la fiction. Et nous voilà à composer quelque histoire ou bien une fable.

Sommières (30) le 22 octobre 2022

Et voici la fenêtre de Blanche neige qui fait sécher les vêtements des 7 nains.

Halles-sous-les-côtes (55) le 18 septembre 2022

Celle-ci aux pointes acérées comme des dents de requins, la prison de la tendre princesse ôtée à l’amour de son prince charmant.

Montmedy (55) le 25 septembre 2022

Pourquoi une photo sur celle-ci ?
Pour faire écho à l’incroyable paysage devant lequel le locataire
ouvre ses volets chaque matin

Verdun (55) le 16 septembre 2018

Ici on comprend mieux la querelle de jeunes amoureux. L’un des deux, furibond, jeta les vêtements par la fenêtre. Pour bien lui montrer qu’il/elle est désormais en dehors de sa vie.

Brandeville (55) le 21 aout 2022

Seul mystère, cette fenêtre dans la fenêtre. Il est possible que regarder dans une fenêtre nous renvoie le reflet de nous-même. Et ce miroir ne devient qu’un prétexte à la réflexion, à une meilleure connaissance de soi.

C’est pas l’homme qui prend la mer

L’aiguillon le 15 février 2009

On se souvient : « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme »

Lorsque j’ai pris cette photo de mon fils, j’ai aussitôt pensé à la chanson de Renaud.
Comme un pressentiment.
Aujourd’hui, à la lumière de ce que je sais désormais, cette image prend une autre dimension et éclaire un peu plus sa personnalité.

L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.

Le Nikon F60

Le Nikon F60 est un reflex argentique 35 mm d’entrée de gamme produit entre 1998 et 2000. Simple et intuitif, il mise sur une ergonomie claire sans menus complexes.
Sa construction sérieuse, son viseur lisible et la fiabilité de son exposition en font un boîtier plus abouti que ne le suggère son positionnement.
Seul son moteur de film lent rappelle son orientation amateur. Ainsi que son optique, un zoom nikon 28-80 mais c’est souvent le cas avec les kits vendus prêt à l’emploi. A noter que sur l’exemplaire en ma possession, l’autofocus ne fonctionnait pas.
Un appareil cohérent et robuste pour une pratique argentique accessible.

Je l’ai chargé avec une pellicule Fuji sensia 200 périmée. La pellicule a été scannée en laboratoire et j’ai post-traité les scans sous Photoshop.

La page qui liste les essais de mes appareils argentiques

La charbonnée ou une méthode subtile pour conserver de la viande fraîche.

Dans la plupart de nos villages meusiens, chaque foyer nourrissait un cochon, qui, à son tour,
nourrissait la famille.

Le repas du cochon était constitué d’épluchures, de quelques « patates », d’un peu de betterave et pour ceux qui en avaient la possibilité de farine d’orge. Le tout allongé avec les eaux de vaisselles (eh oui, pas de produits pour faire la vaisselle, éventuellement un peu de cendres pour récurer)

Une fois le Monsieur (on avait aussi beaucoup de respect pour cet animal) mort et découpé, il fallait « l’arranger ». Une grande partie terminait dans le saloir, d’autre, morceaux dans le saindoux (le saucisson se conserve très bien ainsi) ou dans les divers pâtés.

Mais que faire de certains morceaux qui ne se conservaient pas à une époque où les congélateurs
n’existaient pas ?

C’est ainsi que parents et amis recevaient la charbonnée. Une part du cochon (un morceau de boudin, quelques « grillades », une ou deux côtes) était distribué autour de soi sans oublier l’instituteur et monsieur le curé.

Certes cet élan de générosité avait pour but d’entretenir l’amitié mais pas que ! En effet lorsqu’on avait reçu la charbonnée, il était de bon ton de rendre la pareille.

Ainsi, comme tous les foyers ne tuaient pas le cochon en même temps, chacun pouvait au cours de la saison déguster de la viande fraîche et laisser de côté, le temps d’un ou deux repas la salaison.

(Photo: archives perso)