Dans la brume opaque et impalpable Où l’âme mystère se serre, Deux perches s’aimaient d’un amour tendre. Elles se cherchent sans se trouver Sur les flots sans écume Le pied prisonnier de la vase Elles ne sont pas de bois Et toute l’eau de l’océan N’empêchera cet amour platonique.
Elle était venue courir avec nous les profondes forêts, La botte couleur bonbon. Mais méditant lentement parmi le vert du silence, Le caoutchouc rose S’est perdue dans l’ombre lumineuse De ses illusions abandonnées.
On se souvient : de la vieille boite rouillée de la Coop.
Les Coop (les coopérateurs de lorraine pour nous) étaient un réseau d’épiceries et des commerces ambulants. C’était plus qu’un simple endroit pour faire ses courses, c’était un lieu de rencontre, de solidarité, et de vie communautaire. Je ne sais pas ce qu’il y avait dans cette boite (petits-pois, sauce tomate ou cirage, peu importe) mais je me souviens gamin, d’accompagner mon grand-père à la coop du village. Armé d’une carriole, nous allions chercher la caisse « 12 trous » de Jolis-Grains. C’était une aventure car, au retour il fallait remonter la côte bien raide et surtout ne pas oublier ou perdre les timbres-coop (véritable trésor) sinon la grand-mère nous sermonnait.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ». La photographie est du même ordre.
Par-delà les sentiers fleuris, Dans la prairie où le soleil s’étale flamboyant La lente araignée tend des cordes Où sèche un linge aux senteurs de fourrage Tremble dans le frais matin. Humble toile flottante d’une peintre animale Son univers se réduit à ce châssis tissé Par ses fragiles fils et ses délicats crochets.
C’est un appareil compact 35 mm fabriqué de 1982 à 1984 Ultime mutation de la famille Hi-Matic, c’est un appareil doté d’un objectif 35 mm pour ceux qui ne veulent pas se casser la tête. Une seule vitesse (1/125e), 4 symboles pour la distance et 3 symboles pour l’ouverture (f/4, f/8 et f/16) Un flash complète l’équipement Je l’ai chargé avec une pellicule Nation 400 asa. La pellicules a été scannées en laboratoire et je l’ai post-traitées sous Photoshop
Un vieux scooter de rêve pour faire le cirque dans le quartier Et la p’tite fille phonait Et la p’tite fille phonait Un morceau de ferraille usée qui m’colle encore au cœur et au corps
J’errais sur le flot écumant de la vie Sur mon bateau déboussolé. Tu as attaché à l’anneau de ton désir Ma petite barque lézardée Au port du destin Par un nœud irrésistible. Comme un lien Enlaçant mon cœur De ta corde d’amour Nos deux âmes à jamais sont liées.
Voyage incertain de la vie, Havre de tendresse paisible.
Délaissant le béton étrangleur Comme le figuier étrangle les constructions d’Angkor Je m’évade dans la jungle urbaine Et là dans ce parc qu’on dit public Je sieste Je textote Je selfiese Je croque Je rêvasse Je paresse Et je retrouve sur la pelouse tondue rase Un peu de la vie qu’on me rapine.