La camionnette

 

Fromeréville-les-Vallons (55) le 30 janvier 2022

Un peu grimaçante, mais spirituelle et non sans intérêt, avec son museau de goret renfrogné, la camionnette est là, elle ne bouge pas, elle soupire.
Elle reste là, le teint verdâtre, et le plafond moussu. Elle aimait tant engloutir des kilomètres sur les petites routes pour livrer le pain quotidien,
Aujourd’hui, elle n’a plus de goût à rien. Elle patiente, elle végète, elle croupit. Elle redoute l’inconcevable, l’ abominable mais l’inéluctable dégradation,
le pare-brise éclaté,
le phare pendant,
la porte déglinguée,
les essuie-glaces tordus,
les roues disparues.
Et nous passerons tous les jours, matin et soir, sans la considérer, délaissant la longue agonie du vieux tacot.

Mardi gras

 

Texte
Ernest Marie d’Hervilly, né à Batignolles-Monceau le 26 mai 1839 et mort à Champigny-sur-Marne le 18 novembre 1911, est un journaliste, écrivain, poète et auteur dramatique français.
Vers 1869, il intègre également la bande des Vilains Bonshommes qui regroupe essentiellement des artistes et des poètes. À ce titre, il figure sur le célèbre tableau Coin de table d’Henri Fantin-Latour, aux côtés, notamment, de Paul Verlaine, Arthur Rimbaud et Camille Pelletan.
Il aura toutefois une altercation avec Rimbaud, en 1871, qui lui lance « Ferme ton con, d’Hervilly », relatée par Rodolphe Darzens, premier biographe de Rimbaud

Illustration
Adolphe Giraldon (né Paul Adolphe Giraldon) à Marseille le 4 mai 1855, mort à Paris 14e le 21 mai 1933 est un artiste peintre, illustrateur et décorateur français.

Source : Wikipedia

Tel un enfant

Tel un enfant rebelle dans ce vaste et généreux monde
Il naît d’une étincelle de la nuit ou du jour
Il croit, s’accommodant du jour qui précède la nuit
Il s’affermit dans la nuit qui laisse place au jour
Il traverse le temps décompté de jour comme de nuit
Il mourra dans un infime mouvement,
Qui ne changera pas le cours du monde

Victor Hugo à Veules-les-Roses

 

Le plus petit fleuve de France avec ses 1194 mètres

«Il a dû laisser des rimes accrochées aux arbres, et les oiseaux en ont certainement encore dans leurs nids. »*
Je n’ai pas vu de rimes nouées aux branches mais il est certain qu’il y a une ambiance dans cette petite station balnéaire de Normandie
L’été, Victor Hugo quittait volontiers Paris. Il allait tantôt en Suisse et tantôt à la mer qu’il a toujours beaucoup aimée. Pendant plusieurs saisons, il allait passer un mois à Veules, chez le célèbre romancier et dramaturge Paul Meurice, qui y avait fait construire une résidence

Victor Hugo et la famille Meurice à Veules-les-Roses

Victor Hugo, qui, pour la première fois, y séjourna en septembre 1882 aimait, après avoir travaillé la matinée, se promener sur le bord de mer ou bien le long de la Veules.
Le fait le plus marquant, fut le banquet offert par le grand poète (fidèle à ses idéaux et/ou pour jouer M Madeleine) aux cent gamins les plus pauvres de Veules le 24 septembre 1882.

Victor Hugo et les enfants pauvres chez Paul Meurice à Veules-les-Roses

Si Victor Hugo reste la célébrité la plus connue, de nombreux autres artistes séjournèrent dans ce village typique et singulièrement ce fut la résidence de plusieurs peintres russes.

Victor Hugo au milieu de ses personnages de ses romans : Esméralda & Quasimodo ; La Flécharde et ses enfants ; Jean Valjean, Gavroche et Cosette ; Gilliat et la pieuvre. (Monument à Victor Hugo, place Mélingue – sculpture de Barrias)

(Sejour le 29 décembre 2017)
* citation d’Emile Bergerat (1845-1923), écrivain français
Sources : Veules-les-Roses de  Clovis Dunoyer et Henri Robdel 
Source des photos historiques : https://www.parismuseescollections.paris.fr