Nous sommes dans la deuxième période solaire du calendrier traditionnel d’extrême-orient : yushui qui signifie « eau de pluie » À ce moment-là, la neige commence à céder. Le froid sec du nord recule. L’air venu du sud devient plus doux, plus humide. Ce n’est pas encore le printemps. C’est juste son murmure. La terre retire lentement sa couverture blanche. Elle laisse l’eau couler sur sa peau. Ce sont les premières douches de l’année.
Et voilà une idée me passe par la tête, je ne la note pas et elle disparaît à jamais
Lu et entendu ici et là
Pour moi le vrai business de la photographie est de capturer un peu de réalité (qu’importe ce que c’est) sur film… si, plus tard, la réalité signifie quelque chose pour quelqu’un d’autre, tant mieux. Garry Winogrand
La Meuse endormie est sortie de son lit Rien qui ressemble aux drames d’autres régions. Elle est paisible, lente et serpente calmement à travers les plaines. Une tranquillité trompeuse. Mais après des périodes pluvieuses intenses, une force s’accumule et sans faire de bruit, le réveil est parfois brusque. Nous sommes habitués aux humeurs du fleuve Cette année, elle nous aura laissé tranquille, car il arrive comme le dit ce dicton que lorsqu’elle saute avant la St-Nicolas alors elle sautera 7 fois dans l’hiver. Ce qui s’est déjà vérifié. Nous sommes à 2,26 m (station de Verdun – Pont Chaussée) encore assez loin des 3 dernières grandes crues : Crue de janvier 2002 : 3.98 m Crue de mai 1983 : 3.42 m Crue de décembre 2011 : 3.02 m
La crue de 1983 est restée gravée dans les mémoires, car elle était particulièrement tardive (en mai !), prouvant que la Meuse peut être imprévisible, même quand on pense l’hiver terminé. Les foins étaient fauchés dans la vallée, tout fut perdu et il fallut tout brûler.
Le banc enfermé dans la nostalgie des jours passés est un peu jaloux du dynamique toboggan rouge. Son bois usé et décrépit ne voit plus le public se reposer, alors que les enfants tonitruants continuent à glisser sur la piste rubis et éclatante.
Adossé contre un mur dépouillé, Un nu alangui attend paisiblement L’arrivée d’un clou et d’un marteau. Je l’ai tenu par la main Pendant qu’il chante à tue-tête Son âme engourdie Afin de raccommoder les points de croix de son mystère. J’ai déchiré le drap éthéré de l’apparence, Pour dénuder la toile grossière du canevas
Sur le mur fruste et gris, Aucun rayon de soleil Ne vient caresser la fenêtre. Le bois tanné et fatigué Des grands volets clos Jette dans l’ombre Cette maison, triste comme une trépassée. Solitude vieillissante Son âme figée dans l’oubli
Selon le calendrier traditionnel japonais, le 14 février commence la micro-saison connue sous le nom d’Uo Kōri wo Izuru, ou « Émergence des poissons de la glace ». Il fait plus chaud, et la neige et la glace commencent à fondre. Dans les rivières en dégel, les poissons réapparaissent.
La chute du mur était donc une bonne nouvelle puisqu’elle entraînait avec elle l’avènement du néolibéralisme victoire de la liberté. Il n’en était rien et ceux qui viendraient n’auraient pas exactement les couleurs escomptées. J’ai été capable de deviner que la réunification ne poserait pas les bases d’un monde plus libre, mais j’étais bouleversée par ces images de liesse, les cris et les mouvements de foule. Porte de Brandebourg des centaines de Berlinois rassemblés, les autorités débordées. Je n’avais pas conscience d’entrer dans une aire de désillusion et de reculs sociaux systématiques. J’imaginais tout de même être au début de quelque chose. À onze ans forcément comment prédire que la suite ne saurait qu’une enfilade de déception de lâcheté, comment deviner que la politique publique se viderait peu à peu de tout son sens de toute son intelligence pour devenir de la gestion d’entreprise ? Nos armes – Marie Brunet
Lorsqu’on évoque Verdun et ses édifices, on pense aussitôt à l’ossuaire, aux forts de Vaux ou de Douaumont, à la Tranchée des baïonnettes. Mais pour qui parcourt les bois, il est d’autres ouvrages qui retiennent l’attention. Dans ce que l’on appellera plus tard la Zone Rouge, la terre conserve les traces authentiques d’un passé guerrier et meurtrier. Au cœur des vestiges de béton, l’humain réapparaît – ou plutôt l’empreinte fragile de son passage.
Dans une guérite d’observation, subsistent encore des dépêches et des réclames d’époque. Hiéroglyphes pâles, figés dans le ciment. On y distingue notamment une publicité pour des chaussettes germaniques. Dérisoire, presque absurde, au milieu d’un ouvrage conçu pour surveiller et tuer. Et pourtant.
À l’époque, le bois est une denrée rare. Lors du coffrage, les planches sont protégées par du papier journal. Quand le béton a pris, le bois est récupéré pour d’autres constructions, ou brûlé pour se chauffer en ces temps de pénurie. Le papier, lui, reste prisonnier du ciment. L’humidité agit comme un solvant. La pression fixe les pigments. Le temps achève l’œuvre.
Les encres migrent. Le négatif s’imprime. Ainsi naît cette étrange chimie de la mémoire, où les préoccupations de l’arrière – une réclame pour des chaussettes, une brève de journal – se retrouvent incrustées dans la peau d’une machine de guerre.
C’est là que la « petite histoire » rejoint la Grande. Paradoxalement, elle la rend bien plus tangible que n’importe quel chiffre de victimes. Lire une publicité pour un produit de confort quotidien sur le mur d’un poste d’observation rappelle que les soldats n’étaient pas seulement des combattants : ils lisaient les nouvelles, se souciaient de leurs pieds gelés, tentaient de maintenir un lien ténu avec la normalité.
Aujourd’hui, la forêt a repris ses droits sur la Zone Rouge, mais elle dissimule une terre qui n’est pas encore guérie. Ces ouvrages sont des capsules temporelles, lentement rongées par l’humidité et l’érosion. Des témoins silencieux qui s’effacent inexorablement.
Ce petit patrimoine, souvent méconnu, mérite pourtant toute notre attention avant que l’oubli ne l’emporte tout à fait. Il rappelle qu’ici vivaient – simplement – des hommes.
J’égrène mes pensées, regrets, remords et autres peines En un petit nuage éclatant de sphères irisées. Les bulles de chimères s’élèvent en tremblant, Dans une atmosphère éthérée Vers le ciel bleu suspendu, Pour rejoindre solennellement Les cumulus fantômes. Sentiment de libération, Mélancolie subtile
En 1970, Maxime Le Forestier s’est inspiré de cette maison bleue pour l’écriture d’un de ses tout premiers succès, San Francisco De style victorien, la maison est située au 3841 de la 18e rue dans le quartier du Castro À l’occasion des 40 ans de carrière de Maxime Le Forestier, sa maison de disques propose aux propriétaires de la maison qui entre-temps a été peinte en vert de lui redonner sa couleur bleue. Le 21 juin 2011, le chanteur donne le dernier coup de pinceau (source Wikipédia)
Nous sommes actuellement dans la période de Lichun, qui s’étend cette année du 4 au 18 février. Dans le calendrier agricole chinois, l’année est rythmée par 24 termes solaires, et Lichun en est le premier. Il marque le début du printemps et porte en lui l’espoir d’un renouveau, annonciateur d’un cycle nouveau et prospère.
Nous sommes dans un monde qui ressemble à un robinet qui fuit. La solution trouvée, mettre une serpillière alors qu’il suffirait de changer le joint.
Les perce-neiges fleurissent et les grues migrent vers le nord.
Lu et entendu ici et là
Il ne faut pas trop de mots pour être lu, entendu, compris. Françoise Renaud
Ce jeudi 5 février à Verdun, dans le cadre de la saison culturelle de Transversales, nous avons pu admirer le pianiste cubain Roberto Fonseca accompagné de Ruly Herrera à la batterie et Felipe Cabrera à la contrebasse. De la musique cubaine contemporaine mêlée de jazz, de funk, ou de bossa en laissant une grande place à l’improvisation.