
Desserrer les boulons
Pour découvrir
Cet espace disponible à l’intérieur
Et reconquérir
Les plaisirs de l’étonnement
Dérouiller notre raison
Endommagée par l’altération
De cette époque corrodée
Par la haine et la rancœur
Découvrir l’espace intérieur pour retrouver l’étonnement et la raison.

Desserrer les boulons
Pour découvrir
Cet espace disponible à l’intérieur
Et reconquérir
Les plaisirs de l’étonnement
Dérouiller notre raison
Endommagée par l’altération
De cette époque corrodée
Par la haine et la rancœur

Sur le mur terne et morose
Qui ne se trouve pas à New York
Le trompettiste de jazz
Balance sans mélancolie
Des aplats de couleurs
Comme des éclats de rire
Le musicien passe sa vie
À jongler avec les nuances
Dans une palette de tonalités
Sonores et d’émotions
Avec son timbre brillant
Et sa puissance solaire

Au cadran des ombres
Ne perdons pas notre temps
L’obscurité est vertigineuse
Il faut des siècles
De miettes de patience
Pour comprendre les réalités les plus simples
Fragment du grand ouvrage
De l’intime et de l’abrupt

Dans le défilé de ma destinée
S’écoule une rivière mélancolique
Dont la source du passé
Alimente le possible futur
Avec le vent qui pousse des odeurs vertes
Venant y mêler candeur et folie

Par-dessus le toit
La lune et moi
Nous conversons de l’infini
Et de nos chimériques rêveries
Dans la profonde nuit
Deux saugrenus étourdis
Accrochés sans rime ni raison
A une familière chanson
La ritournelle se voile
De poussières d’étoiles
De deux amants
Scintillants au firmament

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses
Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences
Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés
Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.

Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde,
Semblent monter, embrasée de feu
Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde
Quand le soleil perce peu à peu.
Emportant nos pensées obscures de la nuit
Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances,
Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit,
Pour laisser enfin perler nos espérances
Toucher la lumière de l’existence
Toucher le soleil de la vie intense

Les anges pensent aussi à la mort
Assis sous le vénérable sycomore
Sur cette dalle diffuse, de pierre,
Ils semblent prosternés en prière,
Dans un terrible et vibrant trémor
Engendré par la remontée de leur remords
Ils sanglotent des larmes lourdes
A leurs épaisses et éternelles bourdes

Comme l’étreinte d’un serpent
Tes bras m’enlacent tendrement
Je me rapproche de ton visage soyeux
Je profite de la braise de tes yeux
Nos corps comme deux écharpes enlacées,
Enchâssant moelleusement mes mains glacées,
Enflamme tel un feu ardent, ma poitrine haletante
Dans une fièvre et une agitation exaltante
Étouffé dans tes deux bras bienvenus
Nos cœurs de brasero se sont reconnus
Nos lèvres se sont jointes dans un acte nerveux
Pour un baiser ample, farouche et vigoureux