Cœur abandonné

Abandonné sur la pierre de la solitude
Le cœur brûlant survit, à peine,
Respire l’éclat de la vérité,
Toujours ternie,
De couleur sombre rouille.
Le chercheur d’absolu, d’inconnu, d’infini
Vient pleurer loin des chasseurs de bredouilles
Quand tous les souvenirs viennent emporter
Toute la douleur de la misère négligée
Dans un monde qui l’enjambe sans voir

06/11/2024

D’un pas habité de lassitude

Verdun (55) le 16 octobre 2022

À l’ombre des arbres, confidents des chagrins
Au bord de la douce et mélancolique rivière
Au cours lent, léger, mais fier
Dont la fraîcheur nous contraint

Les arbres, caution silencieuse
Dans une ambiance apaisante
Absorbent les émotions écrasantes
Comme une caresse délicieuse

Dans cette allée jonchée de gouttes d’or
Elle flâne d’un pas habité de lassitude
Baignant doucement dans une solitude
Et rêvassant pour longtemps encor

Ecrit le 3 novembre 2022. Réécrit le 19 novembre 2024

Eclat de lanterne

Traînant sa vie, sombre et terne
Son cœur monotone, solitaire
Sur lui veille un lampadaire
Au crépuscule, éclat de lanterne

Il caresse le quidam noctambule
Pour dissiper la froide solitude
Délaisse un instant l’air rude
Effleure la lumière majuscule

Réverbère éloigne la fadeur
Enveloppe de ta délicate tiédeur
Ose toucher de ta douce clarté
L’oiseau de nuit sous la voie lactée

La barque s'ennuie

Par un de ces calmes jours d’été
Près de la rivière aux vergnes,
L’arbre qui délimite
Le solide du liquide
La vie de la mort.
Le nez de la barque sort de l’eau,
Le nez vert de la vie et noir de la mort.
La barque s’ennuie à flotter sur les turbulentes eaux,
Comme un requin mais un requin qui se noie.
Les clapotis de l’onde viennent lécher le moribond
Les petits poissons viennent s’abriter dessous.
Les vaguelettes donnent du relief à la lumière
Dans une sérénité presque immobile.
Un sentiment d’abandon ou de solitude,
Atmosphère de déclin ou de fin.

La belle et le lierre

Brissac (49) le 8aout 2005

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses

Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences

Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés

Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.