La chaise rouge

Certains jours j’aimerais bien être une chaise
Une chaise rouge bien entendu pour que vous me remarquiez
Je vivrais dans un beau parc et vous vous exclameriez « oh ! J’ai enfin trouvé le siège de ma vie » !
Bien sûr, j’ai ajouté deux accoudoirs

Oh ! Point de suffisance de ma part, juste le désir de mieux vous enlacer
Nous passerions de beaux après-midi ensoleillés, à l’ombre de majestueux marronniers
Vous, rêvassant un livre à la main
Moi, savourant vos caresses et m’étourdissant de vos parfums

Comme les amours d’adolescent qui ne durent qu’un été
Dès les premiers frimas de l’automne
Vous me quitterez pour retrouver au coin de la cheminée
Ce prétentieux fauteuil voltaire

Je suis peut-être de fer, mais j’ai aussi un cœur
Et ce qui faisait de ma vie une longue joie
Se transformera en un lourd fardeau du chagrin très obscur
Comme de longues nuits d’hivers brumeuses

J’attendrai dans les ténèbres froides aux morsures d’acier
La réapparition des premières fleurs du printemps
Annonciatrices du retour de la belle
Je goûterais à nouveau le bonheur qu’apporte votre présence.

L'automne saigne les arbres

L’automne saigne les arbres
De ses ocres aux tons chauds
Le rêveur content d’être seul
En quête de sensations profondes
Dans son pull-over pour avoir bien chaud
Désir de se protéger du monde extérieur
Chemine sous la lumière tamisée et calme
Aux impressions essentielles et intenses
Ambiance propice à la réflexion et à la méditation
Vers l’horizon acéré de l’infini
Au caractère vaporeux et brumeux.
Quête intérieure sans fin

Arrière saison !

Flabas (55) le 4 novembre 2010

Point besoin de chevalet ni de toile
Point besoin de palette ni de petit-gris
Émerveillons-nous des teintes picturales
De l’automne en plein charivari

Oubliés les gammes principales
Plus aucune forfanterie
Des verts les plus pâles
D’autres coloris expriment leurs hystéries

Les havanes des fayards qui pavanent
Les roux des charmes en courroux
Les orangés des aubépines outragées
Les jaunes des nobles chênes qui trônent

Rien de terne rien de fade
A travers la campagne qui fane
Toutes les tonalités s’y greffent
Pour mettre en évidence les reliefs
Chaque éclat doré resplendit
Chaque reflet safran éblouit
Alors pourquoi clamer, Arrière-saison !

Le temps suspendu d'octobre

Dans le temps suspendu d’octobre
L’atmosphère et les sensations agitées
Condensent la brume en nappes sans couleurs
Le ciel aux nuages lourds et chagrins
Regarde les feuilles brunies et désabusées
Voyager avec une langueur décourageante
Vers les fleurs qui vont rendre l’âme
Demain au petit matin, une rumeur de soleil
Donnera libre cours à une odeur légère
De souvenirs d’une saison du monde