
Tout recroquevillé sur la grille
Sous un ciel que des nuages habillent
Le pigeon entiché rêvasse et lambine
En attendant sage et docile sa colombine
Tendresse et simplicité
Douce attente du désir
24/10/2024

Tout recroquevillé sur la grille
Sous un ciel que des nuages habillent
Le pigeon entiché rêvasse et lambine
En attendant sage et docile sa colombine
Tendresse et simplicité
Douce attente du désir
24/10/2024

Désespéré, rongé par un tourment obscur
Un vieux colimaçon à moitié desséché
Se pendit haut et court à un vieux portail
Levant au ciel ses antennes racornies
Il aperçut dans le bleu de l’azur
Les spirales de la corde et des barreaux
Évoquant les courbes de sa mie
Ce qui ne consola son chagrin.
23/10/2024

Dans la caisse de bois gris,
Les bouteilles ont pris place
Espérant rejoindre la fête de la bière.
Dans une atmosphère de poussière et lumière déclinante,
Elles attendent, et se languissent d’impatience.
Les quatre flacons ont l’air de gourdes
Dans ce casier disloqué
Loin des jours de ripaille et de danse.
10/10/2024

Des gouttes de joie limpide
Sur les longues herbes torpides
S’expriment en une image affaiblie
Un pâle reflet du passé établi.
Des perles transparentes et malmenées
Qui tintent au cœur de la journée
Comme des larmes de pluie
Qui peuvent changer sous l’éclairage de la vie
A quoi sert de chanter sa joie ou son tourment
Sous une lumière sans scintillement
Attendons les jours de rire bienvenu
Pour cueillir la poésie nomade et méconnue.
21/10/2024

Un papillon folâtre, étourdi, s’est posé sur une tôle.
Trompé par les couleurs mordorées du métal oxydé, il croit reconnaître sa dulcinée.
Les nuances de teintes sont fourbes ; seule la chaleur d’un corps peut attester de la vitalité de l’amour.
Délicatesse du papillon et froideur du métal.
Apparence et réalité.
09/10/2024

Sous ce ciel trop vaste
Flottent les nuages étranges
De nos sombres souvenirs
Mais la transparence essentielle
D’un lambeau de rayon
De nos espoirs qui passe
Ignore la fade mélancolie
De nos quelconques vies
07/10/2024

La pie, curieuse et bavarde,
Qui aime se percher sur la tête de bronze, crie aux quatre coins de l’horizon :
« Au voleur, au voleur ».
L’agace seule conscience morale de la scène
Vient de se rendre compte que le cœur des hommes a disparu.
Seul celui qui connaît le vol pouvait en reconnaître l’odeur.
L’agitation de la pie et le silence des statues figées de terreur
Nous alertent sur la perte d’humanité
Vidé de son sang de bienveillance,
Le cœur humain est pareil à un noyau d’airain.
Résidu métallique, industriel, sans chaleur ni porosité.
Qui a volé ce cœur ? Le temps ? L’indifférence ?
08/10/2024

Une chaîne était amoureuse de sa voisine.
En tendant son bras rouillé vers elle
Avec un grincement peureux et lugubre,
Elle entrelace de ses anneaux tordus et rudes
Les maillons jaunes de la jeune captive,
Enchaînée au creux chaud de la corrosion.
Les deux serpents métalliques
Ondulent et se déroulent
Loin de la foule indifférente
04/10/2024

Juste une touche de couleur
Comme un antidouleur
Comme un modeste leurre
À tous tes malheurs
19 octobre 2022

C’est un vrai compte à rebours
Pour les deux lierres
Ils se tirent la bourre
En rampant sur la pierre
Et comme d’habiles sherpas
Ou une frégate à pleines voiles
Ils partent à la conquête, pas à pas
Du ciel et du silence des étoiles
19 septembre 2021