
Je voulais déverser mon flot de triste langueur,
Mais il me manquait la manivelle pour ouvrir la bonde
Afin qu’il se perde en tumulte dans les stimulantes ondes
libérant l’espace pour accueillir passionnément ton cœur.

Je voulais déverser mon flot de triste langueur,
Mais il me manquait la manivelle pour ouvrir la bonde
Afin qu’il se perde en tumulte dans les stimulantes ondes
libérant l’espace pour accueillir passionnément ton cœur.

Au creux de tes reins, j’ai découvert un chaleureux asile
Accueillant tendrement ma monstrueuse mélancolie
Nous bâtirons dans cette nuit une douce folie
Où nos tourments trouveront leurs ultimes exils
16 janvier 2023

C’est un vélo bleu
Adossé au mur de brique
On repartira à pied
On ne l’utilisera plus
Ceux qui vivent là
Ont jeté la clé
8 février 2023

Un peu grimaçante, mais spirituelle et non sans intérêt, avec son museau de goret renfrogné, la camionnette est là, elle ne bouge pas, elle soupire.
Elle reste là, le teint verdâtre, et le plafond moussu. Elle aimait tant engloutir des kilomètres sur les petites routes pour livrer le pain quotidien,
Aujourd’hui, elle n’a plus de goût à rien. Elle patiente, elle végète, elle croupit. Elle redoute l’inconcevable, l’ abominable mais l’inéluctable dégradation,
le pare-brise éclaté,
le phare pendant,
la porte déglinguée,
les essuie-glaces tordus,
les roues disparues.
Et nous passerons tous les jours, matin et soir, sans la considérer, délaissant la longue agonie du vieux tacot.

Finalement
Rien ne devrait être
Aussi simple que la vie
Nourrissant l’avenir
Comme l’on nourrit
Invariablement
Ses envies
28/01/2022

Comme un volcan qui s’embrase
Je n’ose baiser cette bouche
Telle une lave incandescente
Tes lèvres enflamment mon cœur
Mais ce doux fruit velouté
Apaise ma passion ardente
Je me pose serein sur ton épaule
Pour m’oublier dans ta tendresse
14 février 2023

Villon nous a dépeint la ballade des pendus
Attachés ici, cinq, six
Que de leurs malheurs personne ne se moque
Pierre Dac pour lui répondre
Écrivit, c’est dans ses cordes
Dans les champs, près de chez son père,
Le linge blanc dans la brise légère
De-ci, de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil, desséchés et noircis ;
Et dès lors dans sa tête l’obsession qui l’inquiète
Semblait lui dire « pince à linge » « pince à linge »
Avec l’aide de Villon et Pierre Dac

Sur cette saignée d’eau verdâtre, la péniche vide de son chargement glisse lentement entre les deux berges. Le temps n’a plus prise sur elle, il glisse, comme l’eau. Cette étrange langueur le long des champs nous apprend un monde loin de l’étourdissement et de l’agressivité de nos vies enchevêtrées. Enjambons son pont pour braver un territoire de torpeur confinant à l’immobilité, un envoûtement doux, presque oublié.

Juste une touche de couleur
Comme un antidouleur
Comme un modeste leurre
À tous tes malheurs
19 octobre 2022

C’est un vrai compte à rebours
Pour les deux lierres
Ils se tirent la bourre
En rampant sur la pierre
Et comme d’habiles sherpas
Ou une frégate à pleines voiles
Ils partent à la conquête, pas à pas
Du ciel et du silence des étoiles
19 septembre 2021