La blonde crinière

À pas lents dans la forêt
La blonde crinière flottante
Le bon cheval sans faire un écart
Poursuit son chemin de tourment
Évitant lentement l’ornière creuse
Attentif à poser ses larges sabots
Afin de ne pas glisser lourdement.
Chaque souffle soutient l’effort de la noble démarche
Chaque pas lent mesure la prudence du monde

30/10/2024

La ballade des pendus

Villon nous a dépeint la ballade des pendus
Attachés ici, cinq, six
Que de leurs malheurs personne ne se moque
Pierre Dac pour lui répondre
Écrivit, c’est dans ses cordes
Dans les champs, près de chez son père,
Le linge blanc dans la brise légère
De-ci, de-là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie
La pluie nous a lessivés et lavés
Et le soleil, desséchés et noircis ;
Et dès lors dans sa tête l’obsession qui l’inquiète
Semblait lui dire « pince à linge » « pince à linge »

Avec l’aide de Villon et Pierre Dac

La péniche

Sur cette saignée d’eau verdâtre, la péniche vide de son chargement glisse lentement entre les deux berges. Le temps n’a plus prise sur elle, il glisse, comme l’eau. Cette étrange langueur le long des champs nous apprend un monde loin de l’étourdissement et de l’agressivité de nos vies enchevêtrées. Enjambons son pont pour braver un territoire de torpeur confinant à l’immobilité, un envoûtement doux, presque oublié.

Dans la caisse de bois gris

Dans la caisse de bois gris,
Les bouteilles ont pris place
Espérant rejoindre la fête de la bière.
Dans une atmosphère de poussière et lumière déclinante,
Elles attendent, et se languissent d’impatience.
Les quatre flacons ont l’air de gourdes
Dans ce casier disloqué
Loin des jours de ripaille et de danse.

10/10/2024

Des gouttes de joie limpide

Des gouttes de joie limpide
Sur les longues herbes torpides
S’expriment en une image affaiblie
Un pâle reflet du passé établi.

Des perles transparentes et malmenées
Qui tintent au cœur de la journée
Comme des larmes de pluie
Qui peuvent changer sous l’éclairage de la vie

A quoi sert de chanter sa joie ou son tourment
Sous une lumière sans scintillement
Attendons les jours de rire bienvenu
Pour cueillir la poésie nomade et méconnue.

21/10/2024

Apparence et réalité.

Un papillon folâtre, étourdi, s’est posé sur une tôle.
Trompé par les couleurs mordorées du métal oxydé, il croit reconnaître sa dulcinée.
Les nuances de teintes sont fourbes ; seule la chaleur d’un corps peut attester de la vitalité de l’amour.
Délicatesse du papillon et froideur du métal.
Apparence et réalité.

09/10/2024