
L’oubli s’accoude à la fenêtre
Il se faufile et pénètre
Par la vitre cassée
Sur l’avenir fracassé
La lucarne de vague tristesse
Nous rattrape de justesse
Ouvrant vers le souvenir
Les plus vastes désirs
15/11/2024

L’oubli s’accoude à la fenêtre
Il se faufile et pénètre
Par la vitre cassée
Sur l’avenir fracassé
La lucarne de vague tristesse
Nous rattrape de justesse
Ouvrant vers le souvenir
Les plus vastes désirs
15/11/2024

Au bord du ruban noir
L’œuvre sculptée par les années
La tête dans le cosmos
Surveille les belliqueuses voitures.
Irréductible dans sa terrible solitude
Sur les automobiles teigneuses
Le misanthrope végétal
Garde un œil nonchalant.
06/05/26

Sous le kiosque à l’ombre de l’érable
Je me sentis encore une fois vulnérable
Sans vouloir jouer une dérisoire sérénade
J’avais pris notre romance à la rigolade.
Votre sourire a la simplicité délicate du matin
De même qu’un éclat en un cristallin bassin
Et ce concert de pure fraîcheur
Fit se pâmer mon cœur.
Pour l’éternité, en mémoire, je garde vivante
Cet instant suspendu où votre grâce enivrante
M’extirpa pour toujours de ma légèreté
Car ce sourire doux comme une caresse
M’emplit d’une lumineuse ivresse,
Fut ma plus belle capitulation , et ma félicité.
06/05/26

Un matin mélancolique et fétide
Où la pluie, tissu de monotonie,
Apaisée par la chanson du moulin,
En bois maculé et fonte rouillée
Chanson vive, âpre et ardente,
Qui vient nourrir la cafetière
Bleu-vert désuet
Ce bleu fané un peu ébréché,
Qui sent l’époque révolue .
Puis les intimes vapeurs du café
Dans les tasses nous font oublier
La platitude de nos jours.
Moment banal, rituel apaisant.
14/11/2024

Au lieu de créer une distance, la barrière de bois est un soutien pour l’âne. Ses longues oreilles aux lobes veloutés lui offrent une bonne perception du monde qui l’entoure.
Son attribut le plus facilement identifiable n’est pas sourd aux cris des besogneux nécessiteux, lui qui mange peu, mais travaille beaucoup.
Réalités de la vie laborieuse
Noblesse discrète, mais profonde
13/11/2024

Finalement
Rien ne devrait être
Aussi simple que la vie
Nourrissant l’avenir
Comme l’on nourrit
Invariablement
Ses envies
28/01/2022

Sur le sable amolli et ridé d’ondulations
Surgit du calme immense
Comme un serpent qui rôde
Un dos sombre qui luit
Avec un glissement majestueux.
La bête bien lovée
Jaillit tel un boa
Pour nous entraîner
Sous l’écume et le sel.
12/12/2022

Dans le silence des vertes prairies
Sur les sentiers d’une pente fleurie
La tête rouge à l’air de mort-vivant
Ne se plie pas dans le sens du vent.
L’herbe de Saint-Benoît
Lance vers le ciel sournois
Sa perruque ébouriffée
D’akènes crochus étoffés
Pour faire échec à nos démons
Et nous rendre la joie que nous aimons
Fleurissant nos âmes ravies
Sans verser dans l’immense nostalgie.
12/11/2024

Il passe tous ses après-midi
Sous le berceau de platanes
Dans l’ombre diaphane de leur feuillage gris ;
Il a la boule au ventre
Le joueur de pétanque
Enfermé dans sa propre exigence
À l’angoisse du millimètre
Qui sépare la victoire de la défaite.
Mesure infime
Tension contenue
11/11/2024

La bête velue de mousse
Dévoile sa frimousse
Des éclairs rubis dans les yeux
Son bec surgit guenilleux,
Malicieusement arrimé
Sur sa bouille déplumée
Elle nous éclabousse
De son air rusé et glousse,
Sauvage et espiègle
Se prenant pour un aigle.
31/10/2024