
Sous ce ciel trop vaste
Flottent les nuages étranges
De nos sombres souvenirs
Mais la transparence essentielle
D’un lambeau de rayon
De nos espoirs qui passe
Ignore la fade mélancolie
De nos quelconques vies
07/10/2024

Sous ce ciel trop vaste
Flottent les nuages étranges
De nos sombres souvenirs
Mais la transparence essentielle
D’un lambeau de rayon
De nos espoirs qui passe
Ignore la fade mélancolie
De nos quelconques vies
07/10/2024

La pie, curieuse et bavarde,
Qui aime se percher sur la tête de bronze, crie aux quatre coins de l’horizon :
« Au voleur, au voleur ».
L’agace seule conscience morale de la scène
Vient de se rendre compte que le cœur des hommes a disparu.
Seul celui qui connaît le vol pouvait en reconnaître l’odeur.
L’agitation de la pie et le silence des statues figées de terreur
Nous alertent sur la perte d’humanité
Vidé de son sang de bienveillance,
Le cœur humain est pareil à un noyau d’airain.
Résidu métallique, industriel, sans chaleur ni porosité.
Qui a volé ce cœur ? Le temps ? L’indifférence ?
08/10/2024

Une chaîne était amoureuse de sa voisine.
En tendant son bras rouillé vers elle
Avec un grincement peureux et lugubre,
Elle entrelace de ses anneaux tordus et rudes
Les maillons jaunes de la jeune captive,
Enchaînée au creux chaud de la corrosion.
Les deux serpents métalliques
Ondulent et se déroulent
Loin de la foule indifférente
04/10/2024

Juste une touche de couleur
Comme un antidouleur
Comme un modeste leurre
À tous tes malheurs
19 octobre 2022

C’est un vrai compte à rebours
Pour les deux lierres
Ils se tirent la bourre
En rampant sur la pierre
Et comme d’habiles sherpas
Ou une frégate à pleines voiles
Ils partent à la conquête, pas à pas
Du ciel et du silence des étoiles
19 septembre 2021

Le banc enfermé dans la nostalgie des jours passés est un peu jaloux du dynamique toboggan rouge.
Son bois usé et décrépit ne voit plus le public se reposer, alors que les enfants tonitruants continuent à glisser sur la piste rubis et éclatante.
3/10/2024

Adossé contre un mur dépouillé,
Un nu alangui attend paisiblement
L’arrivée d’un clou et d’un marteau.
Je l’ai tenu par la main
Pendant qu’il chante à tue-tête
Son âme engourdie
Afin de raccommoder les points de croix de son mystère.
J’ai déchiré le drap éthéré de l’apparence,
Pour dénuder la toile grossière du canevas

Sur le mur fruste et gris,
Aucun rayon de soleil
Ne vient caresser la fenêtre.
Le bois tanné et fatigué
Des grands volets clos
Jette dans l’ombre
Cette maison, triste comme une trépassée.
Solitude vieillissante
Son âme figée dans l’oubli
02/10/2024

J’égrène mes pensées, regrets, remords et autres peines
En un petit nuage éclatant de sphères irisées.
Les bulles de chimères s’élèvent en tremblant,
Dans une atmosphère éthérée
Vers le ciel bleu suspendu,
Pour rejoindre solennellement
Les cumulus fantômes.
Sentiment de libération,
Mélancolie subtile
01/10/2024

À l’angle d’un bois sombre
Sous la voûte en coupole,
Emprisonnant un ciel suave,
Une pelle épuisée de fatigue
Émerge de la terre lourde et opulente
Sans manche et rouillée.
La profonde forêt ténébreuse
Est son dernier linceul.
Labeur du passé et consumée par la terre,
Pour celle qui a creusé tant de tombes.
30/09/2024