Sous le kiosque

Sous le kiosque à l’ombre de l’érable
Je me sentis encore une fois vulnérable
Sans vouloir jouer une dérisoire sérénade
J’avais pris notre romance à la rigolade.

Votre sourire a la simplicité délicate du matin
De même qu’un éclat en un cristallin bassin
Et ce concert de pure fraîcheur
Fit se pâmer mon cœur.

Pour l’éternité, en mémoire, je garde vivante
Cet instant suspendu où votre grâce enivrante
M’extirpa pour toujours de ma légèreté

Car ce sourire doux comme une caresse
M’emplit d’une lumineuse ivresse,
Fut ma plus belle capitulation , et ma félicité.

06/05/26

Matin mélancolique, rituel apaisant.

Un matin mélancolique et fétide
Où la pluie, tissu de monotonie,
Apaisée par la chanson du moulin,
En bois maculé et fonte rouillée
Chanson vive, âpre et ardente,
Qui vient nourrir la cafetière
Bleu-vert désuet
Ce bleu fané un peu ébréché,
Qui sent l’époque révolue .
Puis les intimes vapeurs du café
Dans les tasses nous font oublier
La platitude de nos jours.
Moment banal, rituel apaisant.

14/11/2024

Noblesse discrète

Au lieu de créer une distance, la barrière de bois est un soutien pour l’âne. Ses longues oreilles aux lobes veloutés lui offrent une bonne perception du monde qui l’entoure.
Son attribut le plus facilement identifiable n’est pas sourd aux cris des besogneux nécessiteux, lui qui mange peu, mais travaille beaucoup.
Réalités de la vie laborieuse
Noblesse discrète, mais profonde

13/11/2024

La Vierge du chêne

Au détour de la petite route qui mène de Béthelainville à la D18 se trouve un vieux chêne sénescent. Penché sur la route, tordu et quasiment défeuillé, il est creux.
Dans cette niche naturelle, est placée une Vierge. Lieu de recueillement pour les paroissiens de la commune, cet endroit de vénération a pour origine un acte de reconnaissance d’une famille de bûcherons.

À la fin du XIXe siècle, ceux-ci, perdus la nuit en forêt, se seraient abrités sous ce chêne et auraient prié la Vierge. Celle-ci les aurait ainsi protégés de l’orage. Pour la remercier, ils ont placé au sein de la cavité de l’arbre, une statuette de la Sainte-Vierge.
Chaque 15 août depuis 1947, la messe est célébrée à « Notre-Dame du Chêne ».

Pour que ce trisaïeul témoin traverse encore quelques siècles, la commune a dû intervenir : il est aujourd’hui haubané de câbles et ceinturé, discrets tuteurs qui le maintiennent debout sans trahir sa dignité.
Lorsque j’y suis passé pour la deuxième fois, la sculpture n’était plus là. En effet celle-ci fut dérobée par 2 fois (1914 et 2010), la paroisse a dû la mettre en sécurité.

Ébouriffée

Dans le silence des vertes prairies
Sur les sentiers d’une pente fleurie
La tête rouge à l’air de mort-vivant
Ne se plie pas dans le sens du vent.

L’herbe de Saint-Benoît
Lance vers le ciel sournois
Sa perruque ébouriffée
D’akènes crochus étoffés

Pour faire échec à nos démons
Et nous rendre la joie que nous aimons
Fleurissant nos âmes ravies
Sans verser dans l’immense nostalgie.

12/11/2024