Il passe tous ses après-midi Sous le berceau de platanes Dans l’ombre diaphane de leur feuillage gris ; Il a la boule au ventre Le joueur de pétanque Enfermé dans sa propre exigence À l’angoisse du millimètre Qui sépare la victoire de la défaite. Mesure infime Tension contenue
Parfois, une journée entière est consacrée à la photographie. Notre œil a donc le temps de s’arrêter sur plein de sujets qui nous intéressent. Notre esprit est plus concentré, plus ouvert aux détails et aux éléments qui échappent souvent à notre attention dans la routine quotidienne. Ces journées-là, on aimerait ne pas les laisser être des exceptions. Car il y a une erreur qu’on commet souvent : croire que la photo n’a de valeur que dans les grands moments, les beaux endroits, les lumières parfaites. Alors qu’en réalité, c’est le banal qu’on oublie le plus vite. Le matin ordinaire, la table encombrée, le trajet qu’on fait sans le voir. Ce sont ces images-là qui, dans dix ans, raconteront quelque chose de vrai. Photographier le quotidien, ce n’est pas manquer d’ambition. C’est peut-être même l’attention la plus juste qu’on puisse porter au temps qui passe.
La bête velue de mousse Dévoile sa frimousse Des éclairs rubis dans les yeux Son bec surgit guenilleux, Malicieusement arrimé Sur sa bouille déplumée Elle nous éclabousse De son air rusé et glousse, Sauvage et espiègle Se prenant pour un aigle.
Sous les pavés, la plage Comme il est dit Quand on voit rouge. Mais qui danse sur les pavés ? L’éclair de ton sourire subversif Qui vient de fleurir ta bouche. Un plaisir transgressif Juste le temps de poser Sur tes lèvres rouges Un baiser de communion éphémère La plage promise, enfin, sous nos pieds.
Du 4 au 19 avril, le calendrier solaire célèbre Seimei, l’époque où le ciel s’éclaircit et où la nature déborde de vie. Seimei marque ce moment fragile et précieux où l’équilibre du monde se rétablit, invitant chaque créature à sortir de l’ombre pour célébrer la lumière.
Est-ce que la mémoire se résume à une photo ? Bien sûr que non ! Ce n’est qu’un instant figé à 1/60e ou 1/125e de seconde. De plus, capturé dans un espace qui correspond au viseur. Donc en 1 minute, il y a 60 photos, en 1 heure 3600 photos et ainsi de suite. On n’emprisonne pas chaque moment vécu. Et heureusement. Un déclenchement, un objet Un déclenchement, un regard Un déclenchement, un geste Un déclenchement, une rencontre Un déclenchement, une lumière Un déclenchement, une sensation Un déclenchement, une pensée Il se passe beaucoup plus de choses dans notre vie que ces instants. La photographie nous donne une infime perception de notre existence.
Lu et entendu ici et là
Comment faire maintenant Comme avant. Il faut continuer à se lever le matin, à se coucher le soir, et faire ce qu’il faut pour vivre La Preuve – Agota Kristof
On se souvient : Sous cette simple tente canadienne
C’était le temps de nos premières vacances à Noirmoutier. Petit camping du Bois de la Chaise, celui-ci, aujourd’hui, a disparu, pour redonner à la nature ses droits, effaçant les traces de notre passage. Sous cette simple tente canadienne, le confort était rudimentaire, la toile battue par le vent, le sable dans les draps, mais cela importait peu. L’odeur des pins, le chant des vagues nous enchantaient et à vingt ans, le dénuement n’a pas de prise. L’essentiel réside dans l’élan, la liberté et l’avenir qui s’ouvre avec l’amour de sa vie.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ». La photographie est du même ordre.
Écoute le chant des oiseaux, Gardiens des émotions humaines, Des mots perdus qui s’envolent. Médite, homme censé, à leur message Tu as désappris l’angoisse du futur Tu n’es que faiblesse et fragilité Seule l’entente et la réconciliation Convergent vers l’humanité.