Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde, Semblent monter, embrasée de feu Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde Quand le soleil perce peu à peu.
Emportant nos pensées obscures de la nuit Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances, Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit, Pour laisser enfin perler nos espérances
Toucher la lumière de l’existence Toucher le soleil de la vie intense
Archange aux ailes enveloppantes, aux yeux passionnés Qu’elles emportent mon tourment, mon désir bâillonné Ouvre mon cœur pudique aux bouffés de l’amour, Il s’étiole nonchalamment à la pâleur du jour
Comme l’étreinte d’un serpent Tes bras m’enlacent tendrement Je me rapproche de ton visage soyeux Je profite de la braise de tes yeux
Nos corps comme deux écharpes enlacées, Enchâssant moelleusement mes mains glacées, Enflamme tel un feu ardent, ma poitrine haletante Dans une fièvre et une agitation exaltante
Étouffé dans tes deux bras bienvenus Nos cœurs de brasero se sont reconnus Nos lèvres se sont jointes dans un acte nerveux Pour un baiser ample, farouche et vigoureux
Nos mémoires endurent en elles les traces Enferment notre cœur d’entraves efficaces Le soleil s’étend ce soir sans un nuage Sur la large bande qui borde le rivage
Les algues s’assoupissent sur les grains de sable Imprimant une marque, une impression ineffaçable Le flot les emmène au gré de son humeur, de ses caprices Cédant au premier courant comme des épaves, évocatrices
Ils sont comme un entrelacs qui par ses brins ténus Nous rappellent les souvenirs familiers, les horizons connus Alors toute notre relation jaillit en ma mémoire Je revis ce temps où je ne m’imaginais pas la quiétude illusoire
Je vois alors sur ta joue rose la trace de tes larmes Un spectacle implacable qui me désarme Et sur tes lèvres de profonds soupirs De ceux qui n’ont pas cueilli le parfum des plaisirs.
Tel un enfant rebelle dans ce vaste et généreux monde Il naît d’une étincelle de la nuit ou du jour Il croit, s’accommodant du jour qui précède la nuit Il s’affermit dans la nuit qui laisse place au jour Il traverse le temps décompté de jour comme de nuit Il mourra dans un infime mouvement, Qui ne changera pas le cours du monde