
Dans le défilé de ma destinée
S’écoule une rivière mélancolique
Dont la source du passé
Alimente le possible futur
Avec le vent qui pousse des odeurs vertes
Venant y mêler candeur et folie

Dans le défilé de ma destinée
S’écoule une rivière mélancolique
Dont la source du passé
Alimente le possible futur
Avec le vent qui pousse des odeurs vertes
Venant y mêler candeur et folie

Par-dessus le toit
La lune et moi
Nous conversons de l’infini
Et de nos chimériques rêveries
Dans la profonde nuit
Deux saugrenus étourdis
Accrochés sans rime ni raison
A une familière chanson
La ritournelle se voile
De poussières d’étoiles
De deux amants
Scintillants au firmament

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses
Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences
Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés
Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.

Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde,
Semblent monter, embrasée de feu
Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde
Quand le soleil perce peu à peu.
Emportant nos pensées obscures de la nuit
Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances,
Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit,
Pour laisser enfin perler nos espérances
Toucher la lumière de l’existence
Toucher le soleil de la vie intense

Les anges pensent aussi à la mort
Assis sous le vénérable sycomore
Sur cette dalle diffuse, de pierre,
Ils semblent prosternés en prière,
Dans un terrible et vibrant trémor
Engendré par la remontée de leur remords
Ils sanglotent des larmes lourdes
A leurs épaisses et éternelles bourdes

Comme l’étreinte d’un serpent
Tes bras m’enlacent tendrement
Je me rapproche de ton visage soyeux
Je profite de la braise de tes yeux
Nos corps comme deux écharpes enlacées,
Enchâssant moelleusement mes mains glacées,
Enflamme tel un feu ardent, ma poitrine haletante
Dans une fièvre et une agitation exaltante
Étouffé dans tes deux bras bienvenus
Nos cœurs de brasero se sont reconnus
Nos lèvres se sont jointes dans un acte nerveux
Pour un baiser ample, farouche et vigoureux

Nos mémoires endurent en elles les traces
Enferment notre cœur d’entraves efficaces
Le soleil s’étend ce soir sans un nuage
Sur la large bande qui borde le rivage
Les algues s’assoupissent sur les grains de sable
Imprimant une marque, une impression ineffaçable
Le flot les emmène au gré de son humeur, de ses caprices
Cédant au premier courant comme des épaves, évocatrices
Ils sont comme un entrelacs qui par ses brins ténus
Nous rappellent les souvenirs familiers, les horizons connus
Alors toute notre relation jaillit en ma mémoire
Je revis ce temps où je ne m’imaginais pas la quiétude illusoire
Je vois alors sur ta joue rose la trace de tes larmes
Un spectacle implacable qui me désarme
Et sur tes lèvres de profonds soupirs
De ceux qui n’ont pas cueilli le parfum des plaisirs.

Marche le long de l’océan
Et écoute le chant du vent
Il a connu plus de choses que toi
Dans la réalité de ses murmures
Propice à la délicate sagesse
Tu comprends l’insondable
Les embruns vifs et impétueux
Favorables à la naturelle humilité
Nous enveloppent de généreuse fraternité
Nos souffrances mélancoliques
S’enfuient avec le souffle retentissant
D’Éole maître et régisseur des vents

Tel un enfant rebelle dans ce vaste et généreux monde
Il naît d’une étincelle de la nuit ou du jour
Il croit, s’accommodant du jour qui précède la nuit
Il s’affermit dans la nuit qui laisse place au jour
Il traverse le temps décompté de jour comme de nuit
Il mourra dans un infime mouvement,
Qui ne changera pas le cours du monde