Un voile impalpable de soie

Le tissu docile mais agité
Caresse inlassablement le piquet
Grand geste d’appel qui demeure sourd !
Au lieu de créer une distance
Voilà qu’il ne fait plus qu’un avec le poteau

Ainsi nos corps ont succombé
Dans un accord frissonnant
Laissant nos souffles tisser
Un voile impalpable de soie
De son rêve et de mon désir

Le trompettiste

Junas (30) le 02 novembre 2021

Sur le mur terne et morose
Qui ne se trouve pas à New York
Le trompettiste de jazz
Balance sans mélancolie
Des aplats de couleurs
Comme des éclats de rire
Le musicien passe sa vie
À jongler avec les nuances
Dans une palette de tonalités
Sonores et d’émotions
Avec son timbre brillant
Et sa puissance solaire

La belle et le lierre

Brissac (49) le 8aout 2005

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses

Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences

Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés

Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.

Vers le vide du ciel

Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde,
Semblent monter, embrasée de feu
Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde
Quand le soleil perce peu à peu.

Emportant nos pensées obscures de la nuit
Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances,
Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit,
Pour laisser enfin perler nos espérances

Toucher la lumière de l’existence
Toucher le soleil de la vie intense

Les anges pensent aussi à la mort

Cimetière Saint-Hilaire, Marville (55) 12 juin 2014

Les anges pensent aussi à la mort
Assis sous le vénérable sycomore
Sur cette dalle diffuse, de pierre,
Ils semblent prosternés en prière,

Dans un terrible et vibrant trémor
Engendré par la remontée de leurs remords
Ils sanglotent des larmes lourdes
A leurs épaisses et éternelles bourdes