Le tissu docile mais agité Caresse inlassablement le piquet Grand geste d’appel qui demeure sourd ! Au lieu de créer une distance Voilà qu’il ne fait plus qu’un avec le poteau
Ainsi nos corps ont succombé Dans un accord frissonnant Laissant nos souffles tisser Un voile impalpable de soie De son rêve et de mon désir
Au cadran des ombres Ne perdons pas notre temps L’obscurité est vertigineuse Il faut des siècles De miettes de patience Pour comprendre les réalités les plus simples Fragment du grand ouvrage De l’intime et de l’abrupt
Sur le chemin de terre La magie agit tout de suite Le blanc des bouleaux s’allume. Une atmosphère de rêve confidentiel Et ne restent dans ce silence sacré Que les chuchotement des espérances Dans la dérive de contemplation
Dans le défilé de ma destinée S’écoule une rivière mélancolique Dont la source du passé Alimente le possible futur Avec le vent qui pousse des odeurs vertes Venant y mêler candeur et folie
Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres Dans cette solitude témoin de tant de choses, Elle aurait préféré un couvert de roses
Dans son regard plein de doute et de tristesse. Le lierre l’enveloppait de ses caresses Cajoleur compagnon aux lascives persévérances Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences
Avec un certain panache « je meurs ou je m’attache » Ces deux cœurs à jamais sont liés Vivront, refleuriront les jours ensoleillés
Derrière ce délicat jardin clos, Ce matin, un amour a éclos, Le lierre restera tendrement enlacé Comme un souvenir vivant du cher passé.
Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde, Semblent monter, embrasée de feu Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde Quand le soleil perce peu à peu.
Emportant nos pensées obscures de la nuit Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances, Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit, Pour laisser enfin perler nos espérances
Toucher la lumière de l’existence Toucher le soleil de la vie intense
Comme l’étreinte d’un serpent Tes bras m’enlacent tendrement Je me rapproche de ton visage soyeux Je profite de la braise de tes yeux
Nos corps comme deux écharpes enlacées, Enchâssant moelleusement mes mains glacées, Enflamme tel un feu ardent, ma poitrine haletante Dans une fièvre et une agitation exaltante
Étouffé dans tes deux bras bienvenus Nos cœurs de brasero se sont reconnus Nos lèvres se sont jointes dans un acte nerveux Pour un baiser ample, farouche et vigoureux
Nos mémoires endurent en elles les traces Enferment notre cœur d’entraves efficaces Le soleil s’étend ce soir sans un nuage Sur la large bande qui borde le rivage
Les algues s’assoupissent sur les grains de sable Imprimant une marque, une impression ineffaçable Le flot les emmène au gré de son humeur, de ses caprices Cédant au premier courant comme des épaves, évocatrices
Ils sont comme un entrelacs qui par ses brins ténus Nous rappellent les souvenirs familiers, les horizons connus Alors toute notre relation jaillit en ma mémoire Je revis ce temps où je ne m’imaginais pas la quiétude illusoire
Je vois alors sur ta joue rose la trace de tes larmes Un spectacle implacable qui me désarme Et sur tes lèvres de profonds soupirs De ceux qui n’ont pas cueilli le parfum des plaisirs.