La belle et le lierre

Brissac (49) le 8aout 2005

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses

Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences

Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés

Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.

Vers le vide du ciel

Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde,
Semblent monter, embrasée de feu
Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde
Quand le soleil perce peu à peu.

Emportant nos pensées obscures de la nuit
Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances,
Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit,
Pour laisser enfin perler nos espérances

Toucher la lumière de l’existence
Toucher le soleil de la vie intense

Les anges pensent aussi à la mort

Cimetière Saint-Hilaire, Marville (55) 12 juin 2014

Les anges pensent aussi à la mort
Assis sous le vénérable sycomore
Sur cette dalle diffuse, de pierre,
Ils semblent prosternés en prière,

Dans un terrible et vibrant trémor
Engendré par la remontée de leur remords
Ils sanglotent des larmes lourdes
A leurs épaisses et éternelles bourdes

Enlacés

Niort (79) le 14 août 2014

Comme l’étreinte d’un serpent
Tes bras m’enlacent tendrement
Je me rapproche de ton visage soyeux
Je profite de la braise de tes yeux

Nos corps comme deux écharpes enlacées,
Enchâssant moelleusement mes mains glacées,
Enflamme tel un feu ardent, ma poitrine haletante
Dans une fièvre et une agitation exaltante

Étouffé dans tes deux bras bienvenus
Nos cœurs de brasero se sont reconnus
Nos lèvres se sont jointes dans un acte nerveux
Pour un baiser ample, farouche et vigoureux

Les algues s'assoupissent

La Tranche-sur-Mer (85) le 15 février 2009

Nos mémoires endurent en elles les traces
Enferment notre cœur d’entraves efficaces
Le soleil s’étend ce soir sans un nuage
Sur la large bande qui borde le rivage

Les algues s’assoupissent sur les grains de sable
Imprimant une marque, une impression ineffaçable
Le flot les emmène au gré de son humeur, de ses caprices
Cédant au premier courant comme des épaves, évocatrices

Ils sont comme un entrelacs qui par ses brins ténus
Nous rappellent les souvenirs familiers, les horizons connus
Alors toute notre relation jaillit en ma mémoire
Je revis ce temps où je ne m’imaginais pas la quiétude illusoire

Je vois alors sur ta joue rose la trace de tes larmes
Un spectacle implacable qui me désarme
Et sur tes lèvres de profonds soupirs
De ceux qui n’ont pas cueilli le parfum des plaisirs.