Mimizu izuru

 

Sandrine Tolotti dans sa dernière lettre de L’Intimiste :
« Ce numéro, si l’on s’en tient au calendrier traditionnel japonais composé de soixante-douze micro-saisons (kô), s’étend de Mimizu izuru (蚯蚓出), période où « les vers de terre refont surface », à Kaiko okite kuwa o hamu (蚕起食桑), celle où « les vers à soie se régalent des feuilles de mûriers ».
Si la plus connue reste Sakura hajimete hiraku (Les fleurs de cerisier commencent à s’ouvrir) qui donne lieu à la fête hanami aujourd’hui mondialement connue, la micro-saison mimizu izuru (du 11 au 15 mai) nous indique que les vers-de-terre (chers à leur défenseur Christophe Gatineau) remontent à la surface.

C’est pour les japonais, le début de l’été (Rikka ) qui donne une nouvel élan aux êtres hibernants .
Quelle belle idée que les Japonais divisent l’année en 72 micro-saisons ! Certes chacune d’elles ne dure que quelques jours mais elles nous rappellent que la nature n’est pas immuable et que les variations naturelles sont infinies et en constante évolution, Une autre façon de nous rapprocher de la nature, de l’observer et de la savourer.

N’hésitez pas à vous inscrire à l’Intimiste pour y lire chaque quinzaine de merveilleuses histoires comme celle de « L’homme au million de secrets »

Rouge

 Lorsqu’un peintre aztèque plaçait dans sa composition un personnage habillé de rouge, on savait que celui-appartenait au dieu Xipe Totec.
dans leur mythologie, Xipe Totec que l’on traduit par « Notre seigneur l’écorché » est le dieu du renouveau de la nature et de la pluie nocturne bienfaisante. Il s’écorchait lui-même pour nourrir l’humanité,
Les cérémonies en son honneur comprenaient beaucoup de musique, de chants et de danses rituelles.Mais aussi des sacrifices humains où les victimes étaient percées de flèches afin que leur sang inonde le sol comme une pluie fertilisante. Puis le prêtre leur arrachait le cœur encore palpitant .
Cette couleur rouge était donc tout un symbole ?

La belle et le lierre

Brissac (49) le 8aout 2005

Elle n’avait d’ami que le vent sur ses pierres
Toujours tendrement enlacée par d’antiques lierres
Dans cette solitude témoin de tant de choses,
Elle aurait préféré un couvert de roses

Dans son regard plein de doute et de tristesse.
Le lierre l’enveloppait de ses caresses
Cajoleur compagnon aux lascives persévérances
Il l’embrassait, la soutenait, sans irrévérences

Avec un certain panache
« je meurs ou je m’attache »
Ces deux cœurs à jamais sont liés
Vivront, refleuriront les jours ensoleillés

Derrière ce délicat jardin clos,
Ce matin, un amour a éclos,
Le lierre restera tendrement enlacé
Comme un souvenir vivant du cher passé.

Vers le vide du ciel

Vers le vide du ciel, dans la lumière blonde,
Semblent monter, embrasée de feu
Sans bruits assourdis, une fusée vagabonde
Quand le soleil perce peu à peu.

Emportant nos pensées obscures de la nuit
Nos angoisses, nos fièvres et nos souffrances,
Notre esprit en pleurs, le temps qui fuit,
Pour laisser enfin perler nos espérances

Toucher la lumière de l’existence
Toucher le soleil de la vie intense

J’ai capturé l’éléphant rose

 

Marville (55) le 17 avril 2022

 Jack London en 1913 dans Le Cabaret de la dernière chance nous offre cette expression :  « il voit, au paroxysme de son extase, des souris bleues et des éléphants roses » délire d’un alcoolique.

Expression  souvent reprise par des artistes

Je bois
À trop forte dose
Je vois
Des éléphants roses

Nous chante Gainsbourg dans  Intoxicated Man

et

Je sais qu’ dans ma saoulographie
Chaque nuit pour des éléphants roses
Je chanterai la chanson morose
Celle du temps où je m’appelais Jacky

Pleure Brel dans la Chanson de Jacky. 

Mais Serge Reggiani rectifie dans son autobiographie « Dernier courrier avant la nuit »
« Les éléphants roses n’existent pas, l’ivresse n’abrite que les noirs serpents de la douleur et de la déchéance. »

Pourtant, on peut voir, mais rarement, des éléphants roses (en fait des albinos) comme en 2016 dans le parc national Kruger en Afrique du Sud.
https://nypost.com/2016/03/10/baby-pink-elephant-on-parade/

Ces éléphants (comme d’ailleurs tous les éléphants) sont sacrés en Thaïlande. Nommé l’éléphant blanc du Siam il est considéré comme le représentant de Bouddha sur la terre, et cet éléphant, couvert de pierreries, est entouré de soins minutieux.
Bien avant qu’il ne devienne un emblème national, le pachyderme était déjà étroitement associé au pouvoir royal. Une loi stipule aujourd’hui encore que seuls les souverains sont autorisés à en posséder. Onze éléphants blancs appartiennent au roi de Thaïlande. Son père, lui, en posséda jusqu’à vingt et un. 

 Et si voulez terminer la soirée avec un Éléphant Rose voici la recette :
il vous faut

  • 2 cl de triple sec (cointreau, grand marnier)
  • 2 cl de rhum blanc
  • 1 cl sirop de fraises
  • et le jus d’un pamplemousses

versez délicatement les ingrédients directement dans le verre et dégustez

Les anges pensent aussi à la mort

Cimetière Saint-Hilaire, Marville (55) 12 juin 2014

Les anges pensent aussi à la mort
Assis sous le vénérable sycomore
Sur cette dalle diffuse, de pierre,
Ils semblent prosternés en prière,

Dans un terrible et vibrant trémor
Engendré par la remontée de leurs remords
Ils sanglotent des larmes lourdes
A leurs épaisses et éternelles bourdes