Des gouttes de joie limpide

Des gouttes de joie limpide
Sur les longues herbes torpides
S’expriment en une image affaiblie
Un pâle reflet du passé établi.

Des perles transparentes et malmenées
Qui tintent au cœur de la journée
Comme des larmes de pluie
Qui peuvent changer sous l’éclairage de la vie

A quoi sert de chanter sa joie ou son tourment
Sous une lumière sans scintillement
Attendons les jours de rire bienvenu
Pour cueillir la poésie nomade et méconnue.

21/10/2024

La lettre 0308

Archive photos des 08 mars

Salmigondis

Dans le calendrier traditionnel japonais, nous sommes dans la micro-saison Keichitsu (5 au 20 mars). Son nom, « sortie d’hibernation des insectes », résume à lui seul l’essence de cette période charnière : le passage du silence hivernal au renouveau du vivant.
Sous les premières douceurs solaires, tout s’éveille simultanément. Les insectes et petites créatures quittent leurs refuges souterrains, la végétation reprend vie (bourgeons gorgés de sève, jeunes pousses perçant la terre humide, premières fleurs qui colorent à nouveau les paysages).
Keichitsu est avant tout une invitation à ralentir et à observer. Les Japonais profitent de ce moment pour retrouver le plein air et contempler cette métamorphose subtile, où chaque détail de la nature semble célébrer son retour à la vie.

Les papillons se souviennent-ils de leur vie de chenille ?
Le pissenlit se souvient-il qu’il a été un petit parachute ?

Lu et entendu ici et là

« La paix est la vertu de la civilisation. La guerre est son crime. »
– Victor Hugo.

Le blog de la semaine

Le coup de cœur

Récapitulatif

Contribution

CEL

Pin noir commun
Pin noir commun
Charme commun
Charme commun

BanExTer

Auzéville
Auzéville
Avioth
Avioth

Apparence et réalité.

Un papillon folâtre, étourdi, s’est posé sur une tôle.
Trompé par les couleurs mordorées du métal oxydé, il croit reconnaître sa dulcinée.
Les nuances de teintes sont fourbes ; seule la chaleur d’un corps peut attester de la vitalité de l’amour.
Délicatesse du papillon et froideur du métal.
Apparence et réalité.

09/10/2024

L’ordinaire funèbre

Anodin #2 : L’ordinaire funèbre
Cimetière de Champigneulles (54), 9 mars 2021
À l’ère du smartphone, nous sommes tous devenus photographes. Pourtant, à peine arrivés dans une ville inconnue, nous nous ruons instinctivement vers les mêmes monuments, les mêmes panoramas, les mêmes angles consacrés. Il en résulte des milliers de clichés quasi identiques, soignés, flatteurs, parfaitement calibrés pour Instagram ou Flickr, mais qui, finalement, ne disent rien de singulier sur le lieu visité.
Pour cela, il nous faut porter notre regard vers ce qui, en apparence, ne mérite pas une minute d’attention.

On a marché sur le pont du Gard

Le Pont du Gard – 1981

On se souvient : le pont du Gard

Qui pourrait croire aujourd’hui qu’on marchait librement sur le haut du pont du Gard ?
C’était en 1981. Nous avancions là-haut, à près de cinquante mètres au-dessus du Gard en basses eaux, sans vraiment mesurer la hauteur. Le vide ne nous effrayait pas encore, il était simplement là, immense et tranquille, comme indifférent à notre présence. Le vent glissait sur la pierre blonde chauffée par le soleil, et sous nos pieds, la canalisation romaine, couverte de ses dalles millénaires, traçait sa ligne droite immuable, exactement comme elle le faisait deux mille ans plus tôt.
On marchait sans contrainte. Personne pour compter les pas, personne pour limiter l’accès. Le monument semblait encore respirer à son rythme antique.
Marcher sur ces dalles, c’était marcher littéralement dans les pas des bâtisseurs romains, sans barrières, avec pour seule protection son propre équilibre et cette lumière du gardon qui chauffait le calcaire coquillier, dégageant cette odeur de pierre chaude et de garrigue.
Depuis l’aménagement massif des années 1990-2000, l’accès à la conduite est réservé à des visites encadrées.
Nous sommes devenus trop nombreux pour que les pierres restent sauvages.
Avec le tourisme de masse, le monument aurait fini par s’effriter sous les pas, et les accidents auraient multiplié les drames.
À l’ère du tourisme millimétré, imaginer des marcheurs déambulant librement sur la canalisation romaine, à 48 mètres au-dessus du vide, relève désormais presque du mythe.
On peut regretter cette perte de liberté. Mais elle est le revers inévitable du succès, avec plus d’un million de visiteurs par an.
Reste le souvenir d’avoir marché là-haut, presque au sommet du ciel, dans une époque où personne ne pensait encore qu’il faudrait un jour protéger les pierres contre les hommes.
Et personne ne pourra m’enlever cette sensation d’avoir flotté au-dessus de l’histoire, là où le vent était le seul guide.

L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.

L’agace

La pie, curieuse et bavarde,
Qui aime se percher sur la tête de bronze, crie aux quatre coins de l’horizon :
« Au voleur, au voleur ».
L’agace seule conscience morale de la scène
Vient de se rendre compte que le cœur des hommes a disparu.
Seul celui qui connaît le vol pouvait en reconnaître l’odeur.
L’agitation de la pie et le silence des statues figées de terreur
Nous alertent sur la perte d’humanité
Vidé de son sang de bienveillance,
Le cœur humain est pareil à un noyau d’airain.
Résidu métallique, industriel, sans chaleur ni porosité.
Qui a volé ce cœur ? Le temps ? L’indifférence ?

08/10/2024

La lettre 0301

Archive photos des 01 mars

Salmigondis

Le 1er mars marque le début du printemps météorologique dans l’hémisphère nord et de l’automne dans l’hémisphère sud.
En Europe du Sud-Est (Bulgarie, Roumanie, Moldavie), cette date célèbre l’arrivée du printemps à travers une tradition ancestrale : la martenitsa en Bulgarie, le mărțișor en Roumanie, le màrtis en Grèce.
Pour chasser les derniers frimas et attirer la chance, on s’échange de petits porte-bonheur faits de fils rouges et blancs, déclinés en bracelets, colliers ou figurines de laine.
Le blanc symbolise la pureté et la joie, le rouge la vitalité et le courage.
Offerts aux proches, ces talismans se portent jusqu’à l’apparition des premiers signes du printemps : une cigogne, une hirondelle ou un arbre en fleurs.

Vous avez beau laver et relaver les vendeurs de haine, l’eau de rinçage reste et restera toujours brune

Lu et entendu ici et là

Mais dès que je charge une pellicule, quelque chose se relâche. Je n’attends plus la perfection. Je cherche autre chose : une sensation, une trace, une vibration.
Le grain n’est plus un défaut, il devient une matière. Le vignettage n’est plus une faiblesse, il devient une ambiance. Les petites dérives chimiques deviennent des surprises, parfois même des cadeaux.
Là où le numérique impose une exigence technique, l’argentique ouvre un espace de respiration.
Studio Argentique

Le blog de la semaine

Studio Argentique

Le coup de cœur

Récapitulatif

Contribution

CEL

Cornouiller mâle
Cornouiller mâle
Daphné joli-bois
Daphné joli-bois

BanExTer

Aubreville
Aubreville
Aincreville
Aincreville

L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde

De jour en jour, et par les deux côtés de mon intelligence, le moral et l’intellectuel, je me rapprochai donc peu à peu de cette vérité, dont la découverte partielle a entraîné pour moi un si terrible naufrage : à savoir, que l’homme n’est en réalité pas un, mais bien deux. Je dis deux, parce que l’état de mes connaissances propres ne s’étend pas au-delà. D’autres viendront après moi, qui me dépasseront dans cette voie, et j’ose avancer l’hypothèse que l’on découvrira finalement que l’homme est formé d’une véritable confédération de citoyens multiformes, hétérogènes et indépendants.

L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde – Robert Louis Stevenson