Pendant qu’il en reste ….

Il fut un temps où l’eau était abondante dans les fontaines de nos villages
Et puis
Nous n’avons pas su prendre soin de ce liquide précieux
Pourtant la vie est née dans l’eau

Iô ! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qui darde
Avec un enroué bruit
L’eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

Pierre de RONSARD

L’eau est devenue la plus précieuse de toutes les ressources naturelles… A une époque où l’homme a tout oublié de ses origines et reste aveugle aux nécessités les plus essentielles à sa survie ; l’eau, ainsi que d’autres ressources, est aujourd’hui la victime de cette indifférence.»
Rachel Carson.

Et là pour la première fois de ma vie, je vis mon Mississippi adoré, comme tari sous la brume estivale, ses eaux basses entre les berges élevées qui exhalent l’odeur crue du corps même de l’Amérique.

Sur la route – Jack Kerouac

« La source et le ruisselet, le ruisseau, la rivière et le lac semblent tous donner vie à la nature ; d’ailleurs nos ancêtres les considéraient comme des entités vivantes. L’eau est si magnifique vue dans le plan d’eau….. Le pouvoir de l’eau sur la terre est à peine plus puissant que celui qu’elle exerce sur l’esprit de l’homme.»

Sir John Lubbock.

Fontaine, ma fontaine, eau froidement présente, douce aux purs animaux, aux humains complaisante…

Paul Valéry

« Liquide est par définition ce qui préfère obéir à la pesanteur, plutôt que de maintenir sa forme, ce qui refuse toute forme pour obéir à sa pesanteur. Et qui perd toute tenue à cause de cette idée fixe, de ce scrupule maladif. »

Francis Ponge

EAU, subst. fém.
I.− Usuel
A.− [L’eau envisagée comme élément naturel]

  1. Au sing. Liquide incolore, inodore et sans saveur à l’état pur, formé par combinaison d’hydrogène et d’oxygène, de formule chimique H2O; un des quatre éléments de la physique ancienne :
  2. Il me semblait à la fin de ne plus apercevoir que tous les états de l’eau, − l’eau neige, − l’eau glace, − l’eau vive, − l’eau flaque mirant l’eau nuée, − l’eau vapeur dont les volutes libérées se détordent, se disloquent, s’attardent et se dissipent après nous. Valéry, Variété II,1929, p. 24.
  3. Eau, tu n’as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n’es pas nécessaire à la vie : tu es la vie. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 242.
    CNRTL

D’un pas habité de lassitude

Verdun (55) le 16 octobre 2022

À l’ombre des arbres, confidents des chagrins
Au bord de la douce et mélancolique rivière
Au cours lent, léger, mais fier
Dont la fraîcheur nous contraint

Les arbres, caution silencieuse
Dans une ambiance apaisante
Absorbent les émotions écrasantes
Comme une caresse délicieuse

Dans cette allée jonchée de gouttes d’or
Elle flâne d’un pas habité de lassitude
Baignant doucement dans une solitude
Et rêvassant pour longtemps encor

Ecrit le 3 novembre 2022. Réécrit le 19 novembre 2024

La licorne

Une corne au milieu de mon crane
Fait-elle de moi
Une licorne ?
Bien sur que non !
Je n’ai pas les sabots d’ivoire, les dents d’acier ou la tête couleur de pourpre,
J’ai presque le corps couleur de neige,
Mais la corne de mon front ne porte pas les bariolures de l’arc en ciel
Je retourne donc sur les bords du Gange et dans la Mésopotamie,
Y frotter mon dos contre les palmiers,
Et me rouler dans les bambous

(Avec l’aide de Gustave Flaubert – La Tentation de Saint-Antoine)

Dodue

Reims (51) le 02 décembre 2018

La barrique voulut se faire aussi grosse que le bœuf
Mal lui en prit, sur le nez, la porte se referma
Tout le monde n’est pas un foudre de guerre.
Le fluet portail voyant la futaille ventripotente
Fit un magnifique Oh ! d’étonnement.
Ainsi, le dodu tonneau put s’introduire
Et régaler les fines gueules en pleine ripailles

Reims : la grande porte circulaire
Construit en 1898 sous la direction de l’architecte rémois Ernest Kalas pour la société de champagne Jules Mumm.
Aujourd’hui lieu d’élaboration et d’exposition multiculturel

Sur la butte de Montsec

Sur la butte de Montsec, sentinelle silencieuse dominant les plaines de la Meuse, se dresse un monument solennel. Il commémore les offensives menées par l’armée américaine en septembre 1918, lors de la bataille de Saint-Mihiel. Plus de 550 000 hommes, issus de onze divisions, y prirent part, écrivant une page décisive de la Grande Guerre.


Érigé en 1932 par l’architecte américain Egerton Swartwout, le monument prend la forme d’un cercle de colonnes en pierre d’Euville. Une frise y porte les noms des principaux combats, tandis qu’au centre, une carte relief en bronze donne corps à la topographie meurtrie. Tout autour, des plaques rappellent les insignes des grandes unités américaines.


Inauguré le 2 août 1937 par le président Albert Lebrun, en présence du général Pershing, le monument est aujourd’hui classé monument historique. Depuis le sommet de la butte (377 mètres), le regard se perd jusqu’au lac de Madine, et l’on perçoit, dans le silence, les plaines calmes de la Meuse, jadis déchirées par la fureur des obus.