Dans un rêve liquide et flottant Sur un projet illusoire et suffocant Tel un chant de muse Le corps gélatineux de la méduse Nature divinisée Translucide et irisée Ondule sur la vaste mer Couleur teintée de vert Doucement avec grâce Ne laissant aucune trace
Sur le sable meuble, grains mouvants Sauvage est le flux du vent Au ras des flots moirés Le coquillage emporté par la marée Fait la course aux petites pierres A cheval sur toutes frontières Pousse-cailloux Jeu voyou
C’est aux premiers jours du printemps En des jours calmes pour l’instant Dans les haies lourdes des fleurs à venir La nature est de nouveau promise à l’avenir
Les hirondelles se sont mariées Pour la saison, elles sont liées Le bourdonnement mielleux des abeilles Nous soupire galamment aux oreilles
C’est le premier baiser du soleil en dormance De la nature en feu monte un appel immense Fi de l’automne, nous nous aimons à plein temps L’amour fait de la vie un éternel printemps
Atmosphère sereine et pure Sur la page blanche du lavabo La main délicate a déposé avec attention le gant innocent Rituel exprimant une manière d’être Un tissu-éponge soigné Pour une toilette du bout des doigts minutieux Sensualité discrète et pudique Précaution et tendresse du geste
Comme un serpent mystérieux en caoutchouc Capable de se faufiler et de se mouvoir avec souplesse L’eau va chercher un renseignement confidentiel Quête secrète Dans le tuyau de la confidence La pluie, ce liquide fuyant Se déverse mécaniquement et sans nuance Sur le tapis vert de l’herbe tranchée Contrôle du passage Liberté du chenal
Sur le mince fil à linge Long brin de fragilité Les rectangles de toile blanche Suspendus Vulnérables Tiennent par les branches Articulées des pinces à linge Gaieté monotone En plastique de couleurs vives. Les torchons se serrent la pince Solidaires Partagent une complicité Dans l’attente d’être séchés Caressés Par le vent ou le soleil. Scène ordinaire Tranquillité domestique
Deux vieux complices d’antan, Dans le bruit de leur rire fatigué Usés par le temps lentement grignoté Comme des trognons de pommes, Buvaient une gorgée de cidre réconfortante, Après chaque morceau de souvenirs de jeunesse Dans une lumière intime et mélancolique et une odeur douce-amère de boisson fermentée.
Je découvre que l’on vient d’éditer Cartotrain, sorte de carte Michelin du ferroviaire Il y en a 2, une pour la France et l’autre pour l’Europe, on y trouve les lignes mais aussi les gares et bien d’autres renseignements. Je vous laisse découvrir sur le site : https://cartotrain.fr/ Moi qui rêve de voyager depuis chez moi jusqu’au bout de l’Écosse ou bien faire le tour de France par les petites gares et en utilisant seulement les petites lignes. Sans prendre, bien sûr, le TGV. Dans un monde qui a érigé la vitesse en commodité évidente, prenons-nous encore le temps de voyager ? Voyager ce n’est pas aller vite, ce n’est pas prendre le TGV ni l’avion ou l’autoroute. Ce n’est alors qu’un simple déplacement La vitesse aplatit tout, la lenteur nous donne à voir la beauté et la diversité des pays que nous traversons. Le nez collé à la vitre, nous nous perdons, nous vagabondons, nous découvrons la géographie autrement, avec ses reliefs, ses détours, ses pauses improbables. Bref, retrouver le train de la vie Ralentissons pour retrouver un certain art du voyage Et c’est une carte pas une application, juste du papier, là aussi, c’est tout un symbole. Tracer son itinéraire à la main, rêver devant les tracés ferroviaires, c’est déjà le voyage qui commence.
Le tissu docile mais agité Caresse inlassablement le piquet Grand geste d’appel qui demeure sourd ! Au lieu de créer une distance Voilà qu’il ne fait plus qu’un avec le poteau
Ainsi nos corps ont succombé Dans un accord frissonnant Laissant nos souffles tisser Un voile impalpable de soie De son rêve et de mon désir
Découvrir l’espace intérieur pour retrouver l’étonnement et la raison.
Desserrer les boulons Pour découvrir Cet espace disponible à l’intérieur Et reconquérir Les plaisirs de l’étonnement Dérouiller notre raison Endommagée par l’altération De cette époque corrodée Par la haine et la rancœur