
Elles étaient quatre
Couchées dans les feuilles
Attendant, la soif apaisée.
Les bouteilles de couleur
Laissent leurs raisons
Au fond du bois
En somnolant hébétées
Aucunement curieuses de revivre
16/12/2024

Elles étaient quatre
Couchées dans les feuilles
Attendant, la soif apaisée.
Les bouteilles de couleur
Laissent leurs raisons
Au fond du bois
En somnolant hébétées
Aucunement curieuses de revivre
16/12/2024

À l’heure plate et sans ride
Au détour du sentier secret
D’une forêt de la solitude
Un vieux bidon rouillé,
Soldat de métal croupissant,
Éventré sans honneur
Nous offre ses entrailles
De vieilles ferrailles
Assombrissant le sous-bois
De son cri muet de souffrance

Dans le silence de la forêt
Entre l’ombre et la lumière
Les souvenirs dansent
Comme les feuilles qui tombent
La saison des peines et des regrets
Est balayée par le rouge flamboyant
De l’automne du moment présent
Dans un vent d’énergie
Contemplons la poésie de la nature

Sur le sentier de cailloux
Je fais sonner mes pas.
À tâtons je cherche le chemin
Deux profilés d’acier laminé
Se présentent à moi
Quel rail me sert de guide
Le rouille qui continue
Ou
Le blanc qui s’arrête
Chemin de vie
Dualité entre le passé et le futur,
Entre la mémoire et l’oubli.
11/12/2024

La ruralité n’est pas si glamour (*) qu’on le pense.
Mon quotidien ces temps-ci, c’est préparer l’hiver. Oui, il faut bien renouveler les stocks de bois et ce n’est pas toujours de tout repos.
C’est une activité qui s’exerce quasiment tout au long de l’année.
En effet, il faut :
Abattre les arbres
Tronçonner
Fendre
Débarder
Scier
Ranger le bois dans le bûcher
Et rentrer les bûches nécessaires pour la chauffe du jour.
Bon, je vous épargne le fait qu’il faut aussi sortir les cendres que l’on doit soit épandre sur le jardin soit en faire de la lessive.
Comme on le dit : le bois chauffe plusieurs fois avant d’arriver dans la cheminée
Vous voyez, la vie à la campagne est faite surtout de contraintes. Mais c’est mon choix.

(*) Petite remarque : je vois très peu de blogs de ruraux. Le blogging serait-il une activité d’urbains en mal d’occupations ?

Quand l’aurore a doré
Les palmes des fougères
Le panneau
Rouge du désir
Et blanc sans ardeur
Mets des couleurs
Dans l’ombre du bosquet
Où vont se cacher
Les parfums et les chansons légères
De l’amour buissonnier
09/12/2024

Entre le désir du meilleur sublime
Et la réalité sombre et floue
Les paradis sont pleins d’abîmes
Accroché à un triste clou
Face au soleil, l’homme, la victime
Au fond du caverneux trou
Sans aucune nécessaire estime
Mais plein de cruel dégoût
Pour cet infâme crime
L’homme est un loup
Accablé par la nature nullissime
De son existence de fou
10/08/2024

Nous regardons volontiers par la fenêtre d’où l’on aperçoit la vie quotidienne et parfois le monde entier.
La fenêtre est une portion essentielle de nos « chez nous ». La lumière y pénètre mais le monde aussi. Mais c’est aussi la limite, le cadre à partir duquel le monde peut voir notre intérieur, notre intimité.
« Celui qui regarde au-dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée » nous dit Baudelaire
Alors on occulte avec des rideaux, voilages, stores, tentures, volets, carreaux translucides ou opaques. Mais devant ?
Les quelques objets de décoration ou autres incitent à l’imagination et comme un défi, nous poussent à deviner ou à satisfaire notre curiosité par le recours la fiction. Et nous voilà à composer quelque histoire ou bien une fable.

Et voici la fenêtre de Blanche neige qui fait sécher les vêtements des 7 nains.

Celle-ci aux pointes acérées comme des dents de requins, la prison de la tendre princesse ôtée à l’amour de son prince charmant.

Pourquoi une photo sur celle-ci ?
Pour faire écho à l’incroyable paysage devant lequel le locataire
ouvre ses volets chaque matin

Ici on comprend mieux la querelle de jeunes amoureux. L’un des deux, furibond, jeta les vêtements par la fenêtre. Pour bien lui montrer qu’il/elle est désormais en dehors de sa vie.

Seul mystère, cette fenêtre dans la fenêtre. Il est possible que regarder dans une fenêtre nous renvoie le reflet de nous-même. Et ce miroir ne devient qu’un prétexte à la réflexion, à une meilleure connaissance de soi.

Un regard borgne, en pitié, me regarde.
Un œil d’une rouille douce
Aucune larme ne coule
De ce trou rouge.
Seul un peu de mousse rase
Lui sert de paupière
26/09/2024

On se souvient : « C’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme »
Lorsque j’ai pris cette photo de mon fils, j’ai aussitôt pensé à la chanson de Renaud.
Comme un pressentiment.
Aujourd’hui, à la lumière de ce que je sais désormais, cette image prend une autre dimension et éclaire un peu plus sa personnalité.
L’écriture pour Annie Ernaux est une volonté obstinée de combattre l’oubli et de l’utiliser comme un « activateur de mémoire ».
La photographie est du même ordre.