La saint-cochon

L’hiver est le temps de prédilection pour « travailler » le cochon.
Alors le week-end dernier, c’était la saint-cochon.
La saint-cochon, c’est le jour où l’on sacrifie le porc.
Je vous épargne les photos du sacrifice de Monsieur. Oui, on l’appelle Monsieur, parce qu’on est très respectueux de cet animal. Et parce qu’on sait ce qu’on lui doit.
Il y a encore peu de temps, dans les campagnes, chaque foyer élevait son cochon. Un seul. Mais il permettait d’avoir de la viande pour une bonne partie de l’année. Rien d’industriel là-dedans : du temps, du savoir-faire, et une forme d’autonomie très concrète.
Aujourd’hui, pendant qu’on parle du Mercosur, de mondialisation et d’accords commerciaux, ce cochon-là n’a parcouru que dix kilomètres.

Dix !
Oui, on peut consommer local. Pour beaucoup de choses, en tout cas.
Bon, évidemment, si on aime le chocolat ou les bananes, ça va être plus compliqué. Mais pour la majorité des produits, c’est possible. Et quand on tue un goret de 150 kg, on ne plaisante pas : on peut faire pas mal de cochonnaille.

Bien sûr, il y a la viande : côtelettes, rôtis, et cetera.
Mais aussi les saucisses de Toulouse, les chipolatas.
Et toute la salaison : saucissons secs, saucissons à l’ail, lard, pancetta, coppa.
Et puis, si on est un peu courageux – et un peu patient – on peut même faire son propre jambon blanc. Au torchon, évidemment. Un jambon blanc qui ne sera pas rose, bien entendu. Mais quel bonheur de goûter ses propres produits, de savoir exactement ce qu’il y a dedans, et d’où ça vient.

Finalement, la saint-cochon, ce n’est pas seulement une tradition rurale. C’est peut-être aussi un rappel très moderne : celui du lien entre ce que nous mangeons, ce que nous savons faire, et notre capacité à nous affranchir des grandes multinationales.

Ces temps-ci, on parle beaucoup de souveraineté ou d’autonomie : informatique, énergétique, militaire. Mais qu’en est-il de l’autonomie alimentaire ?
Je ne voudrais pas jouer les oiseaux de mauvais augure, mais certains pays commencent déjà à constituer des stocks alimentaires stratégiques.

A lire aussi :

Quotidien

La ruralité n’est pas si glamour (*) qu’on le pense.
Mon quotidien ces temps-ci, c’est préparer l’hiver. Oui, il faut bien renouveler les stocks de bois et ce n’est pas toujours de tout repos.
C’est une activité qui s’exerce quasiment tout au long de l’année.
En effet, il faut :
Abattre les arbres
Tronçonner
Fendre
Débarder
Scier
Ranger le bois dans le bûcher
Et rentrer les bûches nécessaires pour la chauffe du jour.
Bon, je vous épargne le fait qu’il faut aussi sortir les cendres que l’on doit soit épandre sur le jardin soit en faire de la lessive.
Comme on le dit : le bois chauffe plusieurs fois avant d’arriver dans la cheminée
Vous voyez, la vie à la campagne est faite surtout de contraintes. Mais c’est mon choix.

(*) Petite remarque : je vois très peu de blogs de ruraux. Le blogging serait-il une activité d’urbains en mal d’occupations ?

Triste clou

Entre le désir du meilleur sublime
Et la réalité sombre et floue
Les paradis sont pleins d’abîmes
Accroché à un triste clou
Face au soleil, l’homme, la victime
Au fond du caverneux trou
Sans aucune nécessaire estime
Mais plein de cruel dégoût
Pour cet infâme crime
L’homme est un loup
Accablé par la nature nullissime
De son existence de fou

10/08/2024

Les fenêtres

Sommières (30) le 11 septembre 2019

Nous regardons volontiers par la fenêtre d’où l’on aperçoit la vie quotidienne et parfois le monde entier.
La fenêtre est une portion essentielle de nos « chez nous ». La lumière y pénètre mais le monde aussi. Mais c’est aussi la limite, le cadre à partir duquel le monde peut voir notre intérieur, notre intimité.
« Celui qui regarde au-dehors à travers une fenêtre ouverte ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée » nous dit Baudelaire
Alors on occulte avec des rideaux, voilages, stores, tentures, volets, carreaux translucides ou opaques. Mais devant ?
Les quelques objets de décoration ou autres incitent à l’imagination et comme un défi, nous poussent à deviner ou à satisfaire notre curiosité par le recours la fiction. Et nous voilà à composer quelque histoire ou bien une fable.

Sommières (30) le 22 octobre 2022

Et voici la fenêtre de Blanche neige qui fait sécher les vêtements des 7 nains.

Halles-sous-les-côtes (55) le 18 septembre 2022

Celle-ci aux pointes acérées comme des dents de requins, la prison de la tendre princesse ôtée à l’amour de son prince charmant.

Montmedy (55) le 25 septembre 2022

Pourquoi une photo sur celle-ci ?
Pour faire écho à l’incroyable paysage devant lequel le locataire
ouvre ses volets chaque matin

Verdun (55) le 16 septembre 2018

Ici on comprend mieux la querelle de jeunes amoureux. L’un des deux, furibond, jeta les vêtements par la fenêtre. Pour bien lui montrer qu’il/elle est désormais en dehors de sa vie.

Brandeville (55) le 21 aout 2022

Seul mystère, cette fenêtre dans la fenêtre. Il est possible que regarder dans une fenêtre nous renvoie le reflet de nous-même. Et ce miroir ne devient qu’un prétexte à la réflexion, à une meilleure connaissance de soi.