Dans l’univers ferraille de notre vie Il suffit d’une vis bonheur et d’un écrou malheur Pour resserrer les boulons Mais la rouille peut oxyder cette fixation Et altérer l’ancrage robuste De notre existence métallique
L’automne saigne les arbres De ses ocres aux tons chauds Le rêveur content d’être seul En quête de sensations profondes Dans son pull-over pour avoir bien chaud Désir de se protéger du monde extérieur Chemine sous la lumière tamisée et calme Aux impressions essentielles et intenses Ambiance propice à la réflexion et à la méditation Vers l’horizon acéré de l’infini Au caractère vaporeux et brumeux. Quête intérieure sans fin
C’est l’angoisse qui crispe les visages Bientôt ils vont monter les marches Attendus par une flopée de journalistes et d’échotiers Leurs pas les dirigent vers la renommée Où leur intimité se noiera Dans l’arène de la célébrité
Point besoin de chevalet ni de toile Point besoin de palette ni de petit-gris Émerveillons-nous des teintes picturales De l’automne en plein charivari
Oubliés les gammes principales Plus aucune forfanterie Des verts les plus pâles D’autres coloris expriment leurs hystéries
Les havanes des fayards qui pavanent Les roux des charmes en courroux Les orangés des aubépines outragées Les jaunes des nobles chênes qui trônent
Rien de terne rien de fade A travers la campagne qui fane Toutes les tonalités s’y greffent Pour mettre en évidence les reliefs Chaque éclat doré resplendit Chaque reflet safran éblouit Alors pourquoi clamer, Arrière-saison !
Dans le temps suspendu d’octobre L’atmosphère et les sensations agitées Condensent la brume en nappes sans couleurs Le ciel aux nuages lourds et chagrins Regarde les feuilles brunies et désabusées Voyager avec une langueur décourageante Vers les fleurs qui vont rendre l’âme Demain au petit matin, une rumeur de soleil Donnera libre cours à une odeur légère De souvenirs d’une saison du monde
C’était au beau milieu de la Meuse Pendant de longs jours, se reflétant dans son miroir Les languissantes feuilles attendaient de voir A l’automne, un irréel incendie
Des tournesols avaient grandi au petit bonheur Ambré comme le soleil, comme le plaisir qui se répand. Ce cadran solaire marque toujours la bonne heure Et éparpille dans l’univers des graines de nuage, Comme une poignée de mots jetés à l’aveuglette Pour s’aimer généreusement, Comme on sème des éclats de lumière, Dans le cœur de la bien-aimée Illuminant les vies de ceux qui se rencontrent Afin que l’âme s’apaise dans une paix intérieure.