Statue sans visage

Le Thoureil (49) le 26 avril 2009

Quelle est cette statue sans visage ?
Où sont ces beaux yeux clairs de jadis
Ah ! Tu caches ce regard plein d’orage
Lourd de larmes qui jaillissent

Ce regard eût livré sans détour
Un éclair sombre et vide
Rongé par un chagrin trop lourd
Illuminant un cœur livide

Reviens et chante les foudres de l’amour
Dans un sanglot qui répare un sourire
Reviens nous hanter pour toujours
De ce regard égaré que mon âme désire

Libellule fragile aux gouttes de perle

Sur la branche aérienne mais solide
Se pose l’insecte aux ailes nacrées.
La nymphe au corselet sacré
Tout juste éclose de sa chrysalide

Libellule fragile aux gouttes de perle
Corps de ballet gracieux
Tendu délicatement vers les cieux
Ses voiles brodées déferlent

Le rameau rêveur et délicat
Illumine comme un câlin
Le corps distingué et opalin
De la demoiselle mica

03/09/2024 réécrit le 27/05/2025

Sans tête

Belleville (55) le 06 juin 2022

Pour toi j’ai perdu la tête
Comment plonger mes yeux
Au plus profond de tes yeux
Telle était pourtant ma quête.

Voulant me noyer
Dans l’abîme de ton regard
Je m’y suis perdu trop tard
Abandonnant ma vulnérabilité.

À couper j’ai donné ma tête
A cause de ce sentiment envoûtant
Me tourmentant, me persécutant
Sur les épaules je n’ai plus ma tête.

Prête à croquer la vie

Aigues-Mortes (30) Juin 1981

Prête à croquer la vie à pleines dents
Devant l’immensité du temps
La fleur du rire aux lèvres salées
La soif de vivre l’amour exhalé

Les cheveux flottant au vent du ciel pur,
Elle affronte aventureuse, le futur
Où vibre mon cœur au gré des flots inattendus
Lui qui vogue au lointain dans des souvenirs éperdus,

Et composer durablement notre monde
Où coules un chant clair, sans nul souci  
Que je crois heureux et adouci
Puisque la tendresse y vagabonde.

Eclat de lanterne

Traînant sa vie, sombre et terne
Son cœur monotone, solitaire
Sur lui veille un lampadaire
Au crépuscule, éclat de lanterne

Il caresse le quidam noctambule
Pour dissiper la froide solitude
Délaisse un instant l’air rude
Effleure la lumière majuscule

Réverbère éloigne la fadeur
Enveloppe de ta délicate tiédeur
Ose toucher de ta douce clarté
L’oiseau de nuit sous la voie lactée

La barque s'ennuie

Par un de ces calmes jours d’été
Près de la rivière aux vergnes,
L’arbre qui délimite
Le solide du liquide
La vie de la mort.
Le nez de la barque sort de l’eau,
Le nez vert de la vie et noir de la mort.
La barque s’ennuie à flotter sur les turbulentes eaux,
Comme un requin mais un requin qui se noie.
Les clapotis de l’onde viennent lécher le moribond
Les petits poissons viennent s’abriter dessous.
Les vaguelettes donnent du relief à la lumière
Dans une sérénité presque immobile.
Un sentiment d’abandon ou de solitude,
Atmosphère de déclin ou de fin.

La branche

Fontevraud (49) le 26 janvier 2006

L’arbre
se libère
des limites
de nos existences

Devant l’immensité
de nos rêves
s’ouvre
le battement
des espaces

Comme un matin
Qui bruisse
le paradoxe
de nos hontes

La branche rumine
notre salut
et accompagne
l’ampleur de nos illusions

La dévastation
des forêts déchirées
n’est que l’apparence
de nos plaies