
Feuille écarlate
D’un automne paisible et clair
Eclat d’un instant

Feuille écarlate
D’un automne paisible et clair
Eclat d’un instant

C’est à la fête foraine
Que j’ai gagné ton cœur
Accoudé au stand de tir des vainqueurs
J’ai tiré dans le ballon de mes peines
Dans les effluves de barbe à papa
Une pomme d’amour t’échappa
Un billet de loterie, je gagnais
Un lot d’amour qui m’étreignait
J’enfourchais mon fougueux cheval de bois
Pour accéder à ton manège ensorceleur mais courtois
« Tournez jeunesse » chantait le forain complice
Mais ce n’était pas à cause de la chenille spectatrice










A Nancy le 30 avril 2022
Boitier : Yashica minister II
Pellicule : Lomographie Slide x Pro 200

Dans la litière humide
Pousse le champignon
Fruit de l’automne

Tu faisais la fierté des trente glorieuses
Mais construit trop vite et avec du pas-cher
Tu décrépis au fil des ans
Ils tentèrent de te rhabiller
Mais ce grimage ne suffit pas.
En face, la moyenâgeuse Tour de l’Horloge
Continue d’égrener ses minutes
Interprétant ainsi la caducité
De ce monde dit moderne.













C’était au beau milieu de la Meuse
Pendant de longs jours, se reflétant dans son miroir
Les languissantes feuilles attendaient de voir
A l’automne, un irréel incendie

Des tournesols avaient grandi au petit bonheur
Ambré comme le soleil, comme le plaisir qui se répand.
Ce cadran solaire marque toujours la bonne heure
Et éparpille dans l’univers des graines de nuage,
Comme une poignée de mots jetés à l’aveuglette
Pour s’aimer généreusement,
Comme on sème des éclats de lumière,
Dans le cœur de la bien-aimée
Illuminant les vies de ceux qui se rencontrent
Afin que l’âme s’apaise dans une paix intérieure.

À l’ombre des arbres, confidents des chagrins
Au bord de la douce et mélancolique rivière
Au cours lent, léger, mais fier
Dont la fraîcheur nous contraint
Les arbres, caution silencieuse
Dans une ambiance apaisante
Absorbent les émotions écrasantes
Comme une caresse délicieuse
Dans cette allée jonchée de gouttes d’or
Elle flâne d’un pas habité de lassitude
Baignant doucement dans une solitude
Et rêvassant pour longtemps encor
Ecrit le 3 novembre 2022. Réécrit le 19 novembre 2024

La barrique voulut se faire aussi grosse que le bœuf
Mal lui en prit, sur le nez, la porte se referma
Tout le monde n’est pas un foudre de guerre.
Le fluet portail voyant la futaille ventripotente
Fit un magnifique Oh ! d’étonnement.
Ainsi, le dodu tonneau put s’introduire
Et régaler les fines gueules en pleine ripailles
Reims : la grande porte circulaire
Construit en 1898 sous la direction de l’architecte rémois Ernest Kalas pour la société de champagne Jules Mumm.
Aujourd’hui lieu d’élaboration et d’exposition multiculturel

Songeuse, l’oreille collée à son smartphone, une jeune femme prend la pose.
Jean-Baptiste, aurait-il dégainé sa palette pour l’immortaliser ?
Non, Fernand serait intervenu pour fixer
Cette femme en bleu sur bleu

Derrière la clôture grillagée
La vessie multicolore
Illumine de son éclat vibrant
La terne et monotone pelouse
Ballon éphémère chamarré
Joie fugace
Ambiance joyeuse
Dans un décor ordinaire et ennuyeux